Anatomie et Physiologie Gastro-Intestinale des Rapaces

Points clés

  • Le bec des rapaces joue un rôle dans la préhension, et parfois la mise à mort. La nourriture est déchirée sur la carcasse à l’aide des rebords coupant du bec, ou tomia, chez les Falconidae (faucons et caracaras) ; les chouettes et les hiboux avalent souvent leurs proies entières
  • La langue a une surface hérissée, permettant une meilleure manipulation de la nourriture
  • L’œsophage est fort et extensible
  • La plupart des oiseaux de proie diurnes possèdent un jabot (ou ingluvies) bien développé
  • Les chouettes et les hiboux ne possèdent pas de vrai jabot et il y a à la place un élargissement fusiforme ou un agrandissement de l’œsophage.
  • L’estomac possède une paroi fine et musculaire, plus adaptée pour le stockage que pour le broyage. Le proventricule est relativement large et fortement extensible. Le ventricule est souvent plus petit et en forme de sac.
  • Les caeca sont petits, vestigiaux voir absents chez les oiseaux de proie diurnes, mais ils sont souvent bien développés chez les strigiformes.
  • La séquence de contraction gastroduodénale chez les rapaces est beaucoup plus simple que celle décrite chez les granivores. Des ondes péristaltiques se déplacent directement du proventricule au travers de l’isthme dans le ventricule et passent finalement dans le duodénum.
  • Une pelote est une masse compacte de matériel indigeste tel que les poils, les plumes, les graines, les os, les dents et les griffes.
  • La phase finale de digestion gastrique chez les rapaces implique la formation de la pelote au sein du ventricule et la régurgitation, également appelé “réjection”

Introduction

Les rapaces forment un groupe d’oiseau divers constitué de l’ordre des Strigiformes (chouettes et hiboux) et des oiseaux de proie diurnes tels que les faucons, les buses et les aigles (Fig. 1). L’ordre des Falconiformes, historiquement considéré comme un groupe polyphylétique et mal délimité a récemment été divisé en deux ordres, avec la seule famille des Falconidae (faucons et caracaras) demeurant dans le groupe des Falconiformes. Les autres rapaces diurnes appartiennent à l’ordre des Accipitriformes (Hacketet al 2008, Livezey 2007).

Raptors

Figure 1. Les rapaces forment un groupe divers incluant les buses, les faucons, les aigles, les balbuzards, les milans, les condors, les vautours, les caracaras, les secrétaire, les chouettes et les hiboux. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Bien que l’alimentation normale des rapaces sauvages varie considérablement d’une espèce à l’autre, tous les rapaces chassent et se nourrissent d’autres animaux (Klaphake 2006). Les consommateurs de viande et de poisson possèdent des
caractéristiques gastro-intestinales uniques qui reflètent leur mode de vie prédateur (McLelland 1979).

Bec

Les rapaces possèdent un bec pointu et incurvé qui joue un rôle dans la préhension. Bien que parfois utilisé pour asséner un coup fatal, le bec peut être utilisé à la place pour léser le système nerveux central de sorte à empêcher la fuite. La « dent de faucon ou dent tomial » située le long du bec supérieur est utilisée pour blesser les vertèbres chez les Falconidae (Fig. 2) (Murray 2014, Klaphake 2006, Houston and Cooper 1975).

Falcon tooth

Figure 2. La “dent de faucon” ou “dent tomial” (flèche) est une encoche le long du bord coupant (ou tomia) du bec supérieur dans la famille des Falconidae. Elle est utilisée pour abîmer les vertèbres des proies Crédit photographique: _pauls via Flickr Creative Commons. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Chez les rapaces diurnes, la nourriture est déchirée sur la carcasse par les bords aiguisés et coupant du bec supérieur, également appelés tomia (Houston and Cooper 1975). Souvent, les chouettes et les hiboux avalent des petites proies entières, remplissant ainsi leur œsophage inférieur et leur proventricule, avant que la nourriture passe dans le ventricule ou gésier (Joseph 2006).

Le crâne des rapaces n’est pas prokinétique c’est-à-dire qu’il ne permet pas le mouvement des mandibules supérieures par rapport à la boîte crânienne. Cette absence de kinésie craniale est due à la fusion des os frontaux et nasaux (Clipsham 1997).

Oropharynx

La langue des rapaces possède des papilles, c’est à dire des excroissances kératinisées, distinctes, d’épithélium squameux stratifié, qui permettent une meilleure manipulation des aliments et la déglutition rapide des particules alimentaires (Hunter and Cooper 1975). La langue est relativement longue avec un sillon médian et un apex pointu qui est souvent relativement dur et rugueux (Fig. 3) (King and McLelland 1984). Comme chez la plupart des espèces aviaires, la langue des rapaces est non protrusible et ne possède pas de musculature extrinsèque (Klaphake 2006).

oropharynx Ponder

Figure 3. La langue des rapaces est relativement longue avec une extrémité pointue et un sillon médian distinct. Crédit photographique: courtoisie du Centre pour les Rapaces (The Raptor Center)Dr. Julia Ponder

Comme la langue, l’oropharynx est recouvert par une couche épaisse d’épithélium squameux kératinisé (Houston and Cooper 1975). Des rangées de papilles pointant vers l’arrière s’étendent le long du plancher et du toit de la cavité orale pour aider à diriger la nourriture aboralement au cours de la déglutition (Fig. 4, Fig. 5)(Klaphake 2006). La sous-muqueuse orale est relativement vasculaire et contient des glandes muqueuses.

Gross necropsy image of an American bald eagle

Figure 4. Image de nécropsie macroscopique montrant l’oropharynx d’un Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) Crédit photographique: Dr. Scott Ford. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Backward-pointing papillae on the roof of the oropharynx in a bald eagle

Figure 5. Papilles situées le toit de l’oropharynx et orientées vers l’arrière chez un Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus). Crédit photographique : Dr. Scott Ford. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Jabot/oesophage

Œsophage

L’œsophage est fortement extensible en raison de la présence de replis longitudinaux sur toute la surface de la muqueuse et d’une couche musculaire lisse relativement épaisse (Fig. 6)(Shiinaet al 2005, Houston and Cooper 1975). L’œsophage des accipitriformes possède une plus grande capacité à se distendre en comparaison des strigiformes. Il y a une fine couche glandulaire sous-muqueuse (Houston and Cooper 1975) et une couche muqueuse interne constituée d’épithélium squameux stratifié avec une fine couche de kératinisation et quelques cellules desquamées (Houston and Cooper 1975). Les oiseaux ne possèdent pas de vrais sphincters œsophagiens supérieur et inférieur (Wade 2008). Le nerf vague et le plexus cœliaque innervent l’œsophage thoracique (Wade 2008).

Note the corrugated appearance of the esophagus in this American bald eagle

Figure 6. Notez l’apparence plissée de l’œsophage chez ce Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus).Crédit photographique : Dr. Scott Ford. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Jabot

La plupart des oiseaux de proie diurnes possèdent un jabot bien développé ou ingluvies (Fig. 7)(Duke 1997). Le jabot est particulièrement bien développé chez les vautours (Klasing 1998), à l’exception du Gypaète barbu (Gypaetus barbatus), le seul vautour qui ne possède pas de jabot (Houston and Copsey 1994). La structure histologique du jabot est la même que celle de l’œsophage (Houston and Cooper 1975). Pour faire passer la nourriture du jabot à l’estomac, l’oiseau de proie va « appuyer » en étirant d’abord la tête vers le haut, puis en repoussant le menton vers le bas dans un mouvement d’aplatissement, en déplaçant souvent la tête loin sur le côté (Klaphake 2006).

Full crop (arrow) in a peregrine-saker falcon hybrid

Figure 7. Jabot plein (flèche) chez un faucon hybride pèlerin-sacre. Crédit photographique: Dunleavy via Flickr Creative Commons. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

A la place d’un vrai jabot, de nombreux hiboux et chouettes possèdent une dilatation fusiforme de l’œsophage (Fig. 8)(Duke 1997).

Dilatation ou élargissement fusiforme de l’œsophage chez une chouette

Figure 8. Dilatation ou élargissement fusiforme de l’œsophage chez une chouette. Crédit photographique: Courtoisie du Centre pour les Rapaces (The Raptor Center) Dr. Julia Ponder. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Estomac

Les carnivores et les piscivores se nourrissent d’aliments mous et relativement grands qui sont assez simples à digérer de sorte que l’estomac des rapaces est adapté pour le stockage (Hilton 1999, Klasing 1998). Macroscopiquement, le proventricule tubulaire, de grande dimension, également connu sous le nom d’estomac glandulaire se connecte avec le ventricule, aussi dénommé gésier, qui est relativement petit et en forme de sac, et qui confère à l’estomac sa forme en poire (Fig. 9). (Klaphake 2005, Langlois 2003, Denbow 2000, McLelland 1979). L’isthme, ou zone intermédiaire, est souvent difficile à identifier (Gussekloo 2006, Langlois 2003). La région pylorique conduisant au duodénum est localisée dans la portion craniale du ventricule (Murray 2014, King and McLelland 1984). L’estomac aviaire est innervé par les nerfs vagues ainsi que les par les plexi mésentérique cranial et cœliaque (Wade 2008). L’artère cœliaque apporte le sang au proventricule et au ventricule (Wade 2008).

Estomac en forme de sac chez un hibou grand-duc

Figure 9. Estomac en forme de sac chez un hibou grand-duc (Bubo virginianus). Crédit photographique: The Raptor Center (Centre pour les Rapaces), courtoisie Dr. Julia Ponder. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Comme l’œsophage, le proventricule est également fortement extensible en raison de la présence de plis longitudinaux (Fig 10, Fig 11) (McLelland 1979). Les papilles des glandes gastriques sont également visibles sur la surface muqueuse de l’estomac. Bien que les papilles soient distribuées de façon diffuse chez la plupart des oiseaux, ces structures sont organisées en tractus longitudinaux chez les chouettes et les hiboux (Langlois 2003). La couverture proventriculaire a été décrite comme un épithélium columnaire fortement glandulaire chez le vautour africain (Gyps africanus) (Houston and Cooper 1975).

Image macroscopique d’une nécropsie illustrant les plis longitudinaux (flèche) du proventricule chez un Pygargue à tête blanche

Figure 10. Image macroscopique d’une nécropsie illustrant les plis longitudinaux (flèche) du proventricule chez un Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus). Crédit photographique: Dr. Scott Ford. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Vue rapprochée de la surface muqueuse du proventricule chez un Pygargue à tête blanche

Figure 11. Vue rapprochée de la surface muqueuse du proventricule chez un Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus Crédit photographique: Dr. Scott Ford. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Les couches musculaires du proventricule et du ventricule comprennent une couche circulaire interne épaisse et une couche externe longitudinale (Fig 12) (Wade 2008, Denbow 2000, Duke 1997, McLelland 1979). Le muscle ventriculaire est faiblement développé et ne possède pas de distinction en muscles fins et épais, qui est caractéristique de l’estomac des granivores (Wade 2008, Langlois 2003, Denbow 2000, Duke 1997, McLelland 1979).

Vue en coupe de l’estomac chez un hibou grand-duc

Figure 12. Vue en coupe de l’estomac chez un hibou grand-duc (Bubo virginianus).Crédit photographique: The Raptor Center (Centre pour les Rapaces), courtoisie du Dr. Julia Ponder. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

La couche cuticulaire protectrice, ou koïline, est continuellement érôdée et remplacée chez les Falconidae (Denbow 2000, McLelland 1979). La koïline est absente chez certains oiseaux de proie tels que le vautour africain (Fig 13) (Houston and Cooper 1975).

Image macroscopique d’une nécropsie d’un Pygargue à tête blanche montrant le ventricule ou gésier, dépourvu d’une couche de cuticule protectrice ou couche de koïline

Figure 13. Image macroscopique d’une nécropsie d’un Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) montrant le ventricule ou gésier, dépourvu d’une couche de cuticule protectrice ou couche de koïline. Crédit photographique: Dr. Scott Ford. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

La digestion mécanique de la nourriture ne se produit jamais chez les rapaces. A la place, la nourriture est entièrement dégradée par digestion chimique (King and McLelland 1984). Le contenu gastrique varie entre un pH de 1.0-2.0 chez les vautours à 2.5-5.0 chez les chouettes effraies (Tyto alba) et les faucons crécerelles (Falco tinnunculus) (Duke 1975, Houston and Cooper 1975).

Tractus intestinal

En raison du rôle universel des intestins dans la digestion enzymatique et l’absorption des nutriments, dans ce segment du tractus gastro-intestinal aviaire présente moins de variation (Fig. 14) (Denbow 2000, Klasing 1998, Duke 1986, King and McLelland 1984). Les intestins de tous les oiseaux sont relativement courts en comparaison des mammifères, toutefois, les oiseaux carnivores possèdent un tractus plus court en comparaison des granivores (Denbow 2000, Klasing 1998, Klasing 1998, McLelland 1979). Il existe quelques exceptions à cette règle. Le faucon crécerelle (Falco sparverius) possède un duodénum relativement grand et le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) possède un tractus intestinal extrêmement long et organisé en de nombreuses petites anses.

Image de nécropsie macroscopique illustrant le tractus intestinal chez un Pygargue à tête blanche

Figure14. Image de nécropsie macroscopique illustrant le tractus intestinal chez un Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalusDr. Scott Ford. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

The pancreas sits between the ascending and descending duodenum, extending about half the length of the duodenal loop in strigiforms and even smaller in diurnal birds of prey (Fig 15) (Klaphake 2006). Several biliary and pancreatic ducts open near the distal end of the ascending duodenum in most avian species (Fig 16) (Wade 2008).

Le pancréas se situe entre le duodénum ascendant et descendant, s’étendant sur approximativement la moitié de la longueur de l’anse duodénale chez les strigiformes. Il est encore plus petit chez les oiseaux de proie diurnes (Fig 15) (Klaphake 2006). Plusieurs canaux pancréatiques et biliaires s’ouvrent à proximité de l’extrémité distale du duodénum ascendant chez la plupart des espèces aviaires (Fig 16) (Wade 2008).

Le pancréas se situe au sein de l’anse duodénale en forme de U, ici chez une chouette rayée

Figure 15. Le pancréas se situe au sein de l’anse duodénale en forme de U, ici chez une chouette rayée (Strix varia). Crédit photographique: The Raptor Center (Centre pour les Rapaces), courtoisie Dr. Julia Ponder. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Canal pancréatique et biliaire commun chez un Pygargue à tête blanche

Figure 16. Canal pancréatique et biliaire commun chez un Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus). Crédit photographique: Dr. Scott Ford. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Le jéjunum et l’iléum sont organisés en plusieurs anses en forme de U étroits. Ces anses d’intestin sont retrouvées au bord du long mésentère dorsal dans la portion droite de la cavité cœlomique (Wade 2008). Le jéjuno-iléum forme une double spirale intestinale chez les faucons crécerelle et pèlerin. La portion la plus distale de l’iléum est organisée en une petite anse supracaecale chez quelques rapaces, incluant la famille des Falconidae (King and McLelland 1984, McLelland 1979).

La muqueuse de l’intestin grêle est surélevée par des villosités recouvertes d’un épithélium columnaire contenant de nombreuses cellules en gobelet (Houston and Cooper 1975). Ces villosités sont digitées et plus développées chez les rapaces que chez toute autre espèce aviaire (Houston and Cooper 1975). Le nerf intestinal, qui est unique aux oiseaux, s’étend sur toute la longueur des petits et gros intestins (Wade 2008). Le nerf intestinal est considéré être analogue au ganglion pré-vertébral des mammifères et contient à la fois des fibres autonomes sympathiques et parasympathiques (Wade 2008). Les artères mésentériques caudale, mésentériques craniale et cœliaque, fournissent l’apport sanguin pour les intestins (Wade 2008).

Caeca

Les caeca émergent à la jonction de l’iléum et du rectum (Wade 2008). Ces structures sont absentes ou rudimentaires chez les rapaces diurnes. Il s’agit de structures lymphoïdes courtes et arrondies, mesurant approximativement 4 mm de longueur, et ne jouant pas de rôle dans la digestion (Fig 17) (Gussekloo 2006).

Les caeca courts et arrondis de ce balbuzard pêcheurpossèdent une petite lumière et sont constitués seulement de tissu lymphoïde

Figure 17. Les caeca courts et arrondis de ce balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) possèdent une petite lumière et sont constitués seulement de tissu lymphoïde. Crédit photographique: The Raptor Center (Le Centre pour les Rapaces), courtoisie Dr. Julia Ponder. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Au contraire, le caecum des chouettes et des hiboux est relativement gros et bien développé, mesurant 4-11 cm de long avec une portion distale extrêmement distendue, contenant des cellules en gobelet et des glandes sécrétrices (Fig 18) (Klasing 1998, Duke 1986, McLelland 1979). Les artères cœliaque et mésentérique craniale fournissent l’apport sanguin (Wade 2008). Les recherches ont montré que ces caeca glandulaires sont importants pour la conservation hydrique chez le hibou grand-duc (Bubo virginianus) (Duke et al 1981). Les fientes caecales, émises moins fréquemment que les fèces rectales, sont périodiquement observées chez les chouettes et les hiboux. Ces fientes très sombres et molles ne doivent pas être confondus avec de la diarrhée. (Murray 2014, Duke 1986, Duke et al 1976).

Les caeca des chouettes et des hiboux sont grands et bien développés. Ils sont considérés jouer un rôle dans la conservation hydrique

Figure 18. Les caeca des chouettes et des hiboux sont grands et bien développés. Ils sont considérés jouer un rôle dans la conservation hydrique. Après le retrait des caeca chez le hibou grand-duc, les oiseaux boivent significativement plus d’eau au cours des 8-15 jours post-opératoires. (Duke et al 1981). Crédit photographique: The Raptor Center (Centre pour les Rapaces), courtoisie du Dr Julia Ponder. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Rectum et cloaque

L’iléum se poursuit, au travers d’un sphincter musculaire dans un gros intestin rectiligne et relativement court, qui est localisé à l’aspect dorsal de la paroi de la cavité corporelle (Wade 2008, Gussekloo 2006). Le rectum se termine ensuite dans la partie coprodéale du cloaque. Contrairement aux Mammifères, le rectum aviaire possède de nombreuses villosités aplaties, de très rares cryptes et quelques cellules en gobelet. L’anti-péristaltisme du côlon a été observé chez les rapaces et joue probablement un rôle important dans la réabsorption d’eau (King and McLelland 1984).

L’artère mésentérique caudale irrigue le rectum (Wade 2008). Le cloaque est innervé par le nerf intestinal et le ganglion ou plexus cloacal, qui émerge du nerf pudendal et suit l’uretère jusqu’au cloaque dorsolatéral. (Wade 2008).

Fèces

Les fèces normales des rapaces ou “émeus” comportent la grande variété de bactéries qui peut être attendue chez un carnivore, incluant Clostridium spp., des bactéries aérobes comme des Staphylococcus à coagulase négative, des Staphylococcus, à coagulase positive, Micrococcus sp., Streptococcus sp., Escherichia sp., et Salmonella spp. (Klaphake 2006, Battisti 1998). La flore normale des vautours semble également être constituée grandement de bâtonnets Gram-négatifs de la famille des Enterobacteriaceae (Klaphake 2006, Lamberskiet al 2003, Battisti 1998). Les rapaces ont également été considéré comme des réservoirs potentiels de Campylobacter spp.

Une évaluation rapprochée des fèces peut fournir des informations cliniques précieuses. Les fientes normales ou « émeus » sont généralement bien formées avec un centre noir entouré par des urates blanches. Des selles vert-émeraude peuvent également être observées lorsque le tractus gastro-intestinal est vide depuis quelques heures (Murray 2004, Klaphake 2006, Cooper 2002). Les selles peuvent être marron à brun et collante lorsque la ration est constitué de poussins de un jour avec une forte teneur en contenu vitellin, et les selles peuvent apparaître jaûnatre et granulaire en cas de consommation de viande blanche et grasse (Murray 2014, Joseph 2006). Des selles liquides peuvent être observées chez les oiseaux qui ne reçoivent pas suffisamment de matériel pour réaliser leur pelote (voir le mécanisme de formation et d’éjection de la pelote ci-dessous) (Murray 2014, Cooper 2002).

Séquence de contraction

La séquence de contraction gastroduodénale chez les rapaces est simple par rapport à ce qui est décrit chez les granivores. Les ondes péristaltiques se déplacent du proventricule au travers de l’isthme pour atteindre le ventricule, avant de passer finalement dans le duodénum (Murray 2014, King and McLelland 1984).

Formation et régurgitation de la pelote

La formation de la pelote se produit dans le ventricule. Les pelotes correspondent à une masse compacte de matériel indigestible tel que les poils, les plumes, les graines, les os, les dents, les écailles et les griffes. Même la chitine est présente dans les pelotes chez certains oiseaux comme les faucons crécerelles (Akaki and Duke 1998, Poole 1989, Murray 2014). En comparaison avec les Falconidae, les pelotes des chouettes et des hiboux contiennent beaucoup plus de matériel osseux et parfois même les squelettes complets car les sucs digestif chez les chouettes et les hiboux sont moins acides que chez d’autres oiseaux de proie (Fig 19). Les autres rapaces ont également tendance à davantage plumer leur proie par rapport aux chouettes et aux hiboux (Murray 2014, Duke et al 1975b).

Pelote de chouette ouverte avec un crane de chauve-souris au centre

Figure 19. Pelote de chouette ouverte avec un crane de chauve-souris au centre. Crédit photographique: Tom Brandt via Flickr Creative Commons. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

La phase initiale de formation de la pelote est brève et correspond à des contractions musculaires permettant d’extraire le liquide du matériel indigestible présent au sein du ventricule. Cette phase est suivie par une compaction de la pelote pendant une période de 5 à à 6 heures. Environ 12 minutes avant que la pelote ne soit éjectée, les contractions ventriculaires augmentent en fréquence et en amplitude, en repoussant la pelote vers l’œsophage inférieur (Fig 20). A partir d’ici, des ondes antipéristaltiques déplacent la pelote vers l’oropharynx. L’expulsion orale de la pelote est appelée régurgitation ou réjection. Les contractions des muscles abdominaux et la motilité duodénale ne sont pas impliquées dans ce processus (Murray 2014, Langlois 2003, Denbow 2000, Duke 1997).

La plus grande partie du temps nécessaire à la formation de la pelote et la regurgitation est dévolu à la compaction des matériaux indigestible

Figure 20. La plus grande partie du temps nécessaire à la formation de la pelote et la regurgitation est dévolu à la compaction des matériaux indigestible. Crédit (schéma): Dr. Christal Pollock. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Lorsqu’un rapace est sur le point de produire une pelote, les yeux sont souvent fermés et l’oiseau est réfractaire à voler. Chez les chouettes et les hiboux, le disque facial se rétréci ou s’allonge. Au moment de l’éjection, le cou s’étend, le bec s’ouvre et la pelote tombe simplement sans mouvements de vomissements ou de régurgitation (Fig 21, Fig 22)

Harfang des neiges ouvrant le bec juste avant de rejeter une pelote

Figure 21. Harfang des neiges (Bubo scandiacus) ouvrant le bec juste avant de rejeter une pelote. Crédit photographique: Ingrid Taylar via Flickr Creative Commons.

short-eared owl Ornithologi

Figure 22. Hibou des marais (Asioflammeus) rejetant une pelote. Crédit photographique: Bryce Robinson via Ornithologi

Le pelote fraîche est une structure ovale qui est à la fois ferme et élastique, légèrement humide, et sans odeur. La surface de la pelote est normalement recouverte par une fine couche de mucus, et les structures dures ou de grandes dimensions sont habituellement enrobées au sein de structures molles telles que des poils ou des plumes. Les rapaces nourris avec des souris blanches de laboratoires produiront des pelotes de couleur marron-beige. Les pelotes rejetées par les oiseaux sauvages tendent à être plus sombre en raison de la coloration plus foncée des poils ou des plumes (Murray 2014).

Il est important de surveiller l’éjection de la pelote chez les rapaces car l’incapacité à produire une pelote peut indiquer un dysfonctionnement du tractus gastro-intestinal (Murray 2014). L’intervalle de temps moyen entre le repas et l’éjection chez les espèces de chouettes et de hiboux varient entre 10 et 13 heures. L’intervalle moyen s’étend entre 19.5 et 23.5 heures chez les buses. Les chouettes et les hiboux produisent une pelote pour chaque repas alors que les buses peuvent consommer plus d’un repas avant de rejeter une pelote (Klaphake 2006, Duke et al 1976a). La plupart des pelotes sont rejetées avant le milieu de la matinée ou après avoir tué une proie, mais avant le premier repas de la journée (Duke 1980, Duke et al 1976a, Kostuch and Duke 1975).

Stratégies digestives

Au sein des oiseaux de proie, il existe des différences marquées du tractus gastro-intestinal qui peuvent être observées. Les oiseaux qui utilisent un mode « poursuite » nécessitent de la vitesse et de l’agilité pour capturer leur proie en vol. Ces espèces, tels que les éperviers (Accipiter spp.), les faucons pèlerins (Falco peregrinus), et les chouettes effraies (Tyto alba), ont les tractus gastro-intestinaux les plus légers comparativement à leur taille corporelle. Ces oiseaux « économisent » sur le poids de leur tractus gastro-intestinal au profit de muscles de vol bien développés. La digestion est relativement rapide en raison à la fois de la réduction de la longueur des intestins et de l’augmentation du débit des ingesta, de sorte que ces oiseaux sont plus dépendants d’une nourriture hautement digestible (Barton and Houston 1996).

Les espèces qui utilisent le mode “fourragement”, tells que les buses (Buteo) et les chouettes hulottes (Strix aluco), ont une digestion relativement lente et des tractus gastro-intestinaux relativement plus grands et plus lourds (Barton and Houston 1996).

Résumé

Il existe des différences notables concernant l’anatomie et la physiologie gastro-intestinales des carnivores et des piscivores. Du fait que les carnivores se nourrissent d’aliments mous et relativement gros, l’estomac est davantage adapté au stockage et possède une paroi musculaire fine et en forme de sac, dont la séquence de contraction gastroduodénale est relativement simple chez les rapaces en comparaison avec les granivores, les herbivores et les insectivores. Les ondes péristaltiques se déplacent directement du proventricule au travers de l’isthme jusque dans le ventricule et passent finalement dans le duodénum. Tous les rapaces présentent également une phase finale et complexe de digestion gastrique au cours de laquelle une masse compacte de matériel indigeste (la pelote) est forme est éjectée. La régurgitation, également connu sous « réjection », se produit dans le ventricule.

Références