Comprendre le Trafic Illégal de Perroquets

Introduction

L’Amérique est une nation composée de propriétaires d’animaux de compagnie avec environ 63% de la population en possédant au moins un. En 2008, il était estimé que les américains possédaient 16 millions d’oiseaux de compagnie et bon nombre de ces oiseaux étaient des perroquets (APPMA 2012, AVMA 2002). Les membres de l’ordre des Psittaciformes sont des animaux de compagnie fréquemment recherchés du fait de leur couleur éclatante, leur nature sociale, leur intelligence et leur capacité à vocaliser (Fig 1).

hyacinth macaw

Figure 1. Les perroquets sont des oiseaux charismatiques fortement recherchés comme animaux de compagnie. Représenté ici, un ara hyacinthe (Anodorhynchus hyacinthinus).

Alors qu’il y a plus de perroquets en captivité que jamais, il y a moins de perroquets sauvages maintenant qu’à tout autre moment de l’histoire de l’humanité. En fait, les psittaciformes représentent le groupe d’oiseau le plus menacé dans le monde aujourd’hui (Wright 2001, Pires 2011). La situation est particulièrement grave dans les néotropiques où au moins 46 des 145 espèces (31%) sont à risque d’extinction globale (Wright 2001).

Bien que les causes participant au déclin des populations de perroquets à travers le monde soit complexes (Encadré 1), les facteurs les plus importants incluent la destruction de l’habitat, l’abattage, et la capture d’individus pour le commerce d’animaux de compagnie (Snyder 1999,Wright 2001).

Encadré 1. Facteurs impliqués dans le baisse du nombre de perroquets sauvages
  • Destruction d’habitat
  • Abattage par les agriculteurs
  • Capture pour le commerce d’animaux de compagnie
  • Prédateurs naturels
  • Changement climatique
  • Temps peu clément (par exemple les ouragans)
  • Maladies ou blessures

La plupart des perroquets vivent dans des forêts tropicales humides et la destruction de leur habitat se poursuit à mesure que les terrains sont transformés pour l’élevage bovin, la plantation d’arbres exotiques, les habitations et l’agriculture. Alors que la forêt humide est transformée en terre agricole, les perroquets peuvent engendrer des ravages dans les cultures, en consommant ou en détruisant de façon indiscriminée les plantations. Les agriculteurs répondent en abattant les oiseaux, ce qui peut représenter un lourd tribut pour les populations aviaires. Le taux de reproduction relativement faible des perroquets exacerbe leur statut de conservation (Wright 2001) (Encadré 2).

Encadré 2. Caractéristiques de la biologie reproductrice des perroquets qui aggrave leur statut de conservation
  • Petite taille des couvées
  • Une couvée ou moins par an (à de rares exceptions près)
  • Faible taux de survie des poussins et des juvéniles
  • Une grande proportion d’adultes non reproducteurs
  • Besoin contraignant de nicher dans une cavité d’arbre

Bien que les perroquets soient des oiseaux nichant dans des cavités, ils ne possèdent pas de bec leur permettant d’excaver des trous dans les arbres de sorte qu’ils doivent compter sur les cavités crées par d’autres espèces (Fig 2) (Pires 2012). Si un perroquet n’est pas capable de trouver une cavité pour nicher, il ne se reproduit pas.

ring necked parakeets tree nest

Figure 2. Perruche à collier (Psittacula krameri) nichant dans la cavité d’un arbre. Crédit photographique : Les Chatfield. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Alors que la destruction de l’habitat ne fait pas de discrimination et affecte toutes les espèces se réclamant de la forêt humide comme milieu de vie, le commerce des oiseaux de compagnie n’affecte que les espèces qui sont désirées par les humains (Fig 3) (Pires 2012). Ce fait devrait conduire les propriétaires de perroquet de compagnie, ainsi que les professionnels dédiant leur temps et leur expertise aux soins des oiseaux, à considérer certaines vérités dérangeantes :

[L]aissez nous… présumer que vous n’avez pas sauté dans un avion et que vous n’avez pas arraché votre oiseau d’un arbre. Nous partirons également du principe qu’aucun de nous n’est directement responsable des millions de perroquets prélevés dans leur habitat naturel. Toutefois, force est de constater que nous avons directement bénéficié de cette exploitation. Par essence, bien que nous ne soyons qu’un engrenage dans la machine qui menace les oiseaux, la machine ne fonctionnerait pas sans nous. Nous leur sommes redevables.—Dicker 2000

smuggled parrots mom with parrots

Figure 3. Les pièges pour le commerce légal d’oiseaux & le traffic illégal ont eu un impact significatif sur les populations d’oiseaux sauvage. Crédit photographique : Janice Waltzer, provenant de Flickr Creative Commons initialement légendée comme suit: [T]ellement triste… elle essayait de les faire passer clandestinement aux Etats-Unis et ils se sont asphyxiés au cours des heures nécessaires aux procédures, pendant que les douanes les gardaient…Cliquez sur l’image pour agrandir.

Une douzaine de faits concernant le commerce illégal d’oiseaux

Ainsi, si nous “possédons des oiseaux”, alors la première étape nécessaire que nous pouvons faire est d’en apprendre davantage sur le commerce illégal des oiseaux, un problème complexe et urgent.

  1. Le commerce illégal d’animaux de la faune sauvage est la troisième plus grande industrie du marché noir mondial : Le commerce de la faune sauvage est une industrie mondiale énorme au sein de laquelle les animaux vivants sont capturés dans leurs habitats natifs et revendus comme animaux de compagnie ou de recherche, ou bien sont tués et revendus en morceaux pour la médecine, la nourriture, l’habillement ou les accessoires (Gastañaga 2011). Interpol évalue le marché noir de la faune sauvage mondial à 10 milliards de dollars (US) annuellement, ce qui en fait le troisième plus gros trafic illégal mondial après le trafic d’armes et de drogue.(Gastañaga 2011). Le trafic illégal de perroquets, qui se déroule largement dans les néotropiques, est une partie de ces crimes contre la faune sauvage.
  2. La plupart des braconniers de perroquets représente la quintessence du “petit détaillant”:  Bien que le rôle des braconniers professionnels ou des membres de groupes criminels organisés soit important pour des activités telles que le braconnage du tigre en Inde ou le braconnage de tortue en Asie, il ne s’agit pas de l’image prédominante dans le commerce des oiseaux sauvages (Pires 2011). Des villageois locaux commettent de façon opportuniste la plupart des actes de braconnage dans des régions sous-développées des néotropiques, d’Afrique et d’Asie (Pires 2011). Ces individus subsistent souvent avec de très petits revenus et le commerce d’animaux de la faune sauvage leur sert de source d’argent secondaire, ou parfois principale (Pires 2011). Les villageois gardent souvent les perroquets comme des poules jusqu’à ce qu’ils puissent être vendus à un commerçant (Pires 2012). Un intermédiaire transporte ensuite les oiseaux dans des marchés en plein air dans les plus grandes villes dans toute la région des néotropiques. (Gonzalez 2003, Gastañaga 2011, Pires 2011, Pires 2012).
  3. Les villageois ciblent habituellement les oisillons ou les oiseaux juvéniles pendant la saison de reproduction: Suivant l’espèce d’intérêt entre 30% et plus de 70% des oisillons sont braconnés (Fig 4) (Pain 2006, Pires 2012). Les espèces dont les oisillons sont plus facilement retirés du nid sont capturées en plus grands nombres (Pires & Clarke 2012).
    juvenile macaw in nest

    Figure 4. Le braconnage d’oisillons pour le commerce illégal d’animaux de compagnie est supposé contribuer au déclin de nombreuses espèces de perroquets. Crédit photographique: LoraKim Joyner.

    The type of nest targeted determines the method used:

    • Le type de nid ciblé détermine la méthode utilisée:
      • Seules quelques espèces de perroquet nichent dans les crevasses au sein de falaises, ce qui les rend plus difficile d’accès et moins fréquemment braconnées.
      • Les quelques espèces de perroquets nichant plus proche du sol ou dans les termitières arboréales, comme le toui à aile variées (Brotogeris versicolorus), sont plus susceptibles d’être braconnées. Les villageois n’ont qu’à mettre les mains dans le trou des nids et retirer les oisillons bien qu’ils puissent avoir besoin d’emmener des enfants dont les mains plus petites rentrent parfois plus facilement dans le nid (Pires 2012).
    • Bien sûr, la plupart des nids des psittaciformes se trouvent en haut des arbres. Les braconniers escaladent l’arbre en utilisant des cordes et des échelles primitives puis atteignent le nid logé dans une cavité. Parfois une machette est utilisée pour agrandir la cavité. De façon alternative, il est possible d’abattre l’arbre ce qui permet un accès facile au nid. Il est évident que l’utilisation d’une machette ou la démolition d’un arbre entier peut provoquer la mort des oiseaux ainsi que la destruction d’un nid viable qui aurait pu être utilisé par de futurs reproducteurs (Cantu 2007, Pires 2012). Lorsque les trafiquants prévoient de transporter les oiseaux à l’international, les œufs peuvent être moins fastidieux à transporter que les oiseaux vivants. Les trafiquants d’œufs en Australie utilisent des vestes corporelles spécialisées pour limiter les dégâts infligés aux œufs tout en incubant et dissimulant leur cargaison (Alacs 2008, Coghlan 2012). Le braconnage au nid ne nécessite aucun équipement spécialisé, toutefois, les braconniers professionnels emploient des techniques et des équipements spécifiques tels que des cages de trappeur, des collets avec des fils de pêche ou des filets, en dehors de la saison de reproduction (Engebretson 2006, Cantu 2007, Wetson 2009, Pires 2012).
      Les espèces ciblées par les filets japonais, comme la perruche moine (Myiopsitta monachus) et le toui à aile jaune (Brotogeris chiriri), passent la plupart de leur temps dans des terrains agricoles et peuvent être plus faciles à attraper alors qu’il s’alimente sur les récolte. (Pires 2012).
  4. Le commerce domestique règne en maître:  L’importante demande internationale en oiseaux a alimenté le braconnage de la faune sauvage au cours des années 1960 à 1980 (Gastañaga 2011), mais il existe des indices suggérant qu’une grande partie des oiseaux braconnés aujourd’hui sont impliqués dans un commerce intérieur (Fig 5) (Desenne 1991, Best 1995, Wright 2001, Pires 2011). Dans tous les néotropiques, les perroquets sont des animaux de compagnie domestiques fréquents, au même titre que les chats et les chiens aux Etats-Unis (Drews 2002, Cantu 2007, Weston 2009, Pires 2012). Une étude questionnant de nombreux trappeurs agréés et des inspecteurs de police environnementaux au Mexique estimaient que 86-96% des oiseaux capturés dans la nature étaient vendus au Mexique et n’étaient pas exportés à l’étranger (Pires 2012).

    girl with-lorito

    Figure 5. Une jeune fille avec son perroquet de compagnie ou “lorito” à Paraiso, au Perou. Crédit photographique : ‘Jagubal’.

  5. Les espèces les plus fortement braconnées sont généralement les moins dispendieuses : Bien que les médias se concentrent souvent sur l’importation clandestine d’espèces considérées rares et précieuses, les espèces les plus fortement braconnées et marchandées sont en fait les oiseaux les moins chers. Les petites espèces comme les perruches et les touis, n’ont généralement pas la capacité d’imiter la voix humaine et sont revendus aux prix les plus bas. Par exemple le toui à aile jaune, le perroquet le plus braconné dans la partie Nord du Pérou est vendu pour seulement 0.33 dollars (US). Au Mexique, le Toui du Mexique (Forpus cyanopygius) est vendu au détail pour 5 dollars (US) alors que la conure à front rouge (Aratinga canicularis) l’est pour 18 dollars (US)(Fig 6). Les amazones (Amazona spp.) sont vendus à un prix plus élevé car ces oiseaux relativement gros sont considérés être les meilleurs parleurs. Les aras sont généralement les oiseaux les plus chers du fait de leur grande taille, de leur capacité à parler et de leur longévité. Par exemple, le ara militaire (Ara militaris) est vendu entre 600 et 1800 dollars (US) (Cantu 2007, Pires 2012).

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    Figure 6. Une conure à front rouge (Aratinga canicularis) sauvage. Crédit photographique: Brian Ralphs.

  6. Le commerce illégal d’oiseaux représente une menace immédiate pour la survie des espèces en provoquant une perte des espèces sauvages:
    Selon la Liste Rouge des Espèces Menacées de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN), sur les 330 espèces de perroquets existantes, 100 psittaciformes sont listés et 66 sont directement menacés par le commerce illégal des perroquets (Gastañaga 2011, Pires 2012, Coghlan 2012, Fernandes 2013). Le braconnage extensif a le potentiel d’éteindre des espèces dans la nature et le ara de Spix (Cyanopsitta spixii) est considéré être la dernière victime du commerce d’oiseau sauvage. Cette espèce est maintenant considérée éteinte dans la nature (Pires 2012), et les estimations pour les populations sauvages de ara canindé (Ara glaucogularis), ara de Lafresnaye (Ara rubrogenys), et ara de Lear (Anodorhynchus leari) stagnent aux alentours de 150 individus ou moins par espèce (Pires 2012). Le ara hyacinthe (Anodorhynchus hyacinthinus) est également considéré être une espèce en danger car la population a subit une réduction très rapide dans le passé et la menace de capture illégale et de destruction de l’habitat persiste (Fig 7) (Wright 2001, BirdLife International 2012).

    hyacinth macaws

    Figure 7. Couple de ara hyacinthe sauvage (Anodorhynchus hyacinthinus) dans la partie Sud du Pantanal, Mato Grosso do Sul, Brésil. Crédit photographique: Geoff Gallice.

  7. Le braconnage est associé à des taux de mortalité très élevés: De nombreux oiseaux ne survivent pas au processus de braconnage. Il est estimé qu’approximativement 75% des oiseaux prélevés dans la nature au Mexique (50.000 – 60.000 oiseaux par an) meurent dans le transport. Des chercheurs du Nicaragua estiment que jusqu’à quatre fois plus de perroquets doivent être capturés par rapport au nombre d’oiseaux demandés par le marché afin de compenser pour les mortalités (Engebretson 2006, Wetson 2009). Les perroquets ayant survécus peuvent encore développer de la malnutrition, des maladies ou être blessés. Le comportement d’automutilation des plumes est également fréquemment observé chez les oiseaux gardés dans les marchés illégaux d’animaux de compagnie en raison du stress de la capture, du transport et d’une alimentation inadéquate (Engebretson 2006, Wetson 2009, Pires 2012).
  8. Le commerce illégal de la faune sauvage est associé à des risques sanitaires potentiellement significatifs: Le trafic mondial d’animaux sauvages est considéré être une source importante de maladies émergentes (Gomez 2008). Les oiseaux introduits clandestinement peuvent représenter un risque sanitaire à la fois pour les humains et pour les espèces d’oiseaux natifs en les exposant à des pathogènes introduits à partir de leur région d’origine ou acquis dans leur transport (Raso 2004, Karesh 2005, Gomez 2008). Les agents pathogènes diagnostiqués chez des oiseaux sauvages commercialisés illégalement incluent (mais ne sont pas limités) à : Chlamydophila psittaci, la maladie de Newcastle, et l’influenza aviaire (Bruning-Fann 1992, De Schrijver 1995, Mase 2001, Raso 2004, Freitas 2004, Gomez 2008).
  9. L’objectif principal de la CITES est d’assurer que le commerce international des animaux et des plantes sauvages ne menace pas leur survie: Bien que son efficacité soit largement affaiblie par le commerce illégal de la faune sauvage, la Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages Menacées d’Extinction (ou CITES pour Convention on International Trade in Endangered Species of Wildlife Fauna and Flora) est l’un des traités environnementaux internationaux ayant le plus grand succès. Les nations considéraient habituellement les problèmes environnementaux comme des préoccupations domestiques mais dans les années 1960, le besoin d’une coopération internationale est devenu clair. La CITES trouve son origine dans une résolution prise en 1963 de l’Union pour la Conservation du Monde et est entrée en vigueur le 1er Juillet 1975 (Zimmerman 2003). La CITES a établi un système de permis pour l’exportation et l’importation de la vie sauvage réglementée. Le traité divise les espèces de plantes et d’animaux réglementées en trois annexes (Encadré 3) (Zimmerman 2003). La CITES a également banni le commerce de plus de 800 espèces de la faune et de la flore.(Pires 2011).
    Box 3. Annexe de la CITES (Convention on International Trade in Endangered Species)
    Annexe IEspèces en danger sérieux d’extinction.
    Annexe IIEspèces qui ne sont pas nécessairement menacées d’extinction, mais pour lesquelles le commerce doit être contrôlé de sorte à éviter une utilisation incompatible avec leur survie. Les espèces qui ressemblent fortement aux espèces de l’Annexe I (« similaires ») sont également listées en Annexe II.
    Annexe IIIEspèces qui sont protégées dans au moins un pays ayant demandé l’assistance d’autres états membres pour contrôler le commerce

    La CITES protège l’ensemble des psittaciformes à l’exception des perruches ondulées (Melopsittacus undulatus), des perruches calopsittes (Nymphicus hollandicus), des perruches à collier (Psittacula krameri), et des inséparables à face pêche (Agapornis roseicollis) (Coghlan 2012) car leurs populations sauvages ne sont pas menacées.

  10. ‘[L]es personnes et les Etats sont et devraient être les meilleurs protecteurs de leur propre faune et flore sauvage’ (CITES 1973): Les états membres appartenant à la CITES doivent prendre individuellement leur responsabilité pour la protection de leur faune sauvage native et chaque pays doit également adopter (et appliquer) une législation nationale régulant l’importation d’animaux.
    • L’Australie a décidé d’arrêter le commerce de sa faune sauvage native dans les années 1950.
    • Au cours des années 1980 et au début des années 1990, les Etats-Unis étaient les plus gros importateurs d’espèces de perroquets néotropicaux, comptant pour pratiquement 50% du marché international des oiseaux importés (Pires 2012, Wright 2001). En 1992 les Etats-Unis ont adopté l’Acte de Conservation pour les Oiseaux Sauvages (WBCA pour Wild Bird Conservation Act), qui banni l’importation de toutes les espèces menacées listées par la CITES (Wright 2001).
    • Bien que le taux de braconnage des perroquets était significativement plus faible dans les années suivant le WBCA (Snyder 1999), plus de 75% du commerce légal d’oiseau s’est redirigé vers l’Europe (Beissinger 2001, Wright 2001). En Octobre 2005, l’Union Européenne Economique (UEE) a banni de façon temporaire le commerce d’oiseaux sauvages après que des oiseaux importés soient morts d’une souche d’influenza aviaire H5N1 au Royaume Uni. En 2007, l’UEE a adopté une interdiction générale du commerce des perroquets sans égard au statut de conservation de l’espèce. (Carrete 2008).
  11. Une approche descendante semble inefficace pour contrôler le commerce de la faune sauvage dans les néotropiques: L’approche descendante pour contrôler le commerce met l’accent sur l’implication et la réglementation au niveau de l’état. Par exemple, le gouvernement péruvien a établi des quotas de commerce légaux qui autorisent les récolteurs de perroquets à opérer sous une licence d’état (Weston 2009).
    Idéalement, de tels quotas devraient reposer sur des études de population et d’habitat et devraient avoir pour objectif de retirer le « surplus » d’individus de la population sauvage (Munn 2006, Weston 2009). Malheureusement, il n’y a pas grand-chose qui est fait lors d’infraction aux lois étatiques concernant la faune sauvage. L’application des lois est généralement indifférente aux crimes contre la faune sauvage car elles sont perçues comme un délit relativement mineur (Herrera 2007, Pires 2011). Cette mentalité est particulièrement vraie dans les pays en voie de développement où une agence de police environnementale n’existe parfois même pas (Pires 2011). Même lorsque le respect des lois prend le commerce illégal de perroquets au sérieux, très peu de choses peuvent être faites pour dissuader les braconniers potentiels (Pires 2011). Les agents doivent faire face à la tâche décourageante de patrouiller de grandes surfaces de terrain malgré des ressources inadéquates. L’application de la loi au Mexique a par exemple été créditée d’un arrêt de seulement 1 à 2% du braconnage de perroquet sur une base annuelle (Cantu 2007, Pires 2011).
  12. Les solutions les plus puissantes au commerce illégal de perroquets pourraient être ascendantes: Etant donné que les villageois autochtones, et non les braconniers professionnels, sont responsables de la plupart du braconnage de la faune sauvage, il n’est pas surprenant que les modèles policiers typiques de capture des contrevenants sur le vif ai un effet négligeable sur la réduction du commerce de la faune sauvage illégal. L’arrêt et la poursuite des individus peut même se révéler être contre-productive car en plus d’établir un ressentiment à l’encontre des autorités extérieures, cela peut également incriminer les pratiques courantes d’un village (Duffy 2010, Pires 2011). Des solutions viables au problème du braconnage devraient reconnaître que la subsistance des populations dépend parfois de l’exploitation d’espèces pour le commerce illégal de la faune sauvage (Pires 2011). La meilleure approche pour lutter contre le commerce illégal de la faune sauvage dans les pays néotropicaux est de cibler de nombreux problèmes en réduisant les récompenses associées au braconnage en fermant les marchés illégaux dans les villes, en offrant des mesures incitatives aux locaux, et en augmentant le risque pour les braconniers (Pires 2011, Pires 2012). L’augmentation du risque pour les braconneurs est obtenu en (Wright 2001, Pires 2011):
      • Augmenter la garde: Le taux de braconnage au site de nidification diminue significativement lorsque les sites de reproduction sont activement surveillés par des citoyens locaux ou la police par l’intermédiaire de patrouilles ou de vidéos, bien que ceci puisse être cher et difficile à étendre sur de grandes régions (Fig 8).
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    Figure 8. Villageois patrouillant pour protéger des nids de perroquets locaux en Honduras. Crédit photographique: LoraKim Joyner.

    • Renforcer la surveillance officielle par exemple en appliquant la loi au travers de contrôle routier sur les chemins empruntés par les intermédiaire pour transporter les espèces.
    • Rendre certains régions inaccessibles, par exemple en retirant les échelles de fortune des arbres
    • Supprimer la vente de filets japonais

    Les recherches indiquent que l’une des meilleures méthodes pour sauvegarder la faune sauvage est d’inciter les locaux non seulement à s’abstenir de braconner mais à protéger les perroquets à la place (Pires 2011). Les locaux peuvent développer un intérêt économique manifeste en aidant à la conservation de leur faune sauvage native lorsque l’existence des perroquets fourni du travail et de l’argent (Pires 2011). Par exemple, les falaises d’argile au Pérou sont une destination privilégiée des aras à l’année-longue et attirent de nombreux écotouristes internationalement (Fig 9) (Pires 2011). Une autre tactique est le développement de programme de parrainage des nids de perroquet, payant une somme annuelle pour la protection de sites de nidification (Carrete 2008). Le soutien des perroquets par les locaux peut également être encouragé par l’intermédiaire de programme d’éducation sur la conservation et des campagnes de sensibilisation favorisant la fierté nationale (Wright 2001).

    macaws at clay lick

    Figure 9. Les falaises d’argile attirent de grandes colonies et peuvent potentiellement soutenir l’écotourisme. Crédit photographique : Brian Ralphs. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Que pouvez-vous faire ?

Maintenant que vous avez une meilleure compréhension du commerce illégal des perroquets, vous êtes mieux équipés pour apporter votre aide.

  • Bientôt en vacances ? Considérez l’écotourisme. Visitez le site internet de la Société Internationale pour l’Ecotourisme (The International Ecotourism Society) et/ou les agences listées sur la page LafeberVet’s Dix choses que tous les vétérinaires aviaires devraient savoir sur la médecine de conservation.
  • Donner de votre temps ou de votre argent ? Demandez des informations sur les finances et les projets soutenus par les organismes de charité que vous prévoyez de soutenir régulièrement ou avec des dons substantiels. Bien qu’il y ai débat sur l’objectif spécifique concernant la proportion des fonds qui devraient aller aux frais généraux, l’objectif est généralement qu’ils représentent moins de 30%, avec une médiane nationale de 10%. Néanmoins, il existe des organisations très intéressantes qui peuvent dépenser jusqu’à 50% des fonds pour les levées de fond et les tâches administratives. Visitez GuideStar ou le Better Business Bureau pour des informations additionnelles concernant l’évaluation d’un rapport d’organisme de bienfaisance.
  • Vous pensez que la possession d’un perroquet est faite pour vous ? Considérez la question avec attention et si vous décidez d’aller de l’avant, n’achetez que des oiseaux nés en captivité et provenant de sources sérieuses.
  • Visitez la page LafeberVet’s Dix choses que vous pouvez faire pour promouvoir la conservation aviaire, pour des conseils supplémentaires.

Conclusion

Le commerce illégal de la faune sauvage est une industrie complexe qui a nourri et vêtit nombre des personnes les plus pauvres du monde. Il est évident que le trafic clandestin a également amené de nombreuses espèces à deux doigts de l’extinction (Pires 2011). Bien que le sujet puisse sembler écrasant, nous devons aux perroquets d’en apprendre plus sur le monde autour de nous – et de faire ce que nous pouvons, que ce soit pour la Journée Mondiale de la Terre ou tous les autres jours qui suivent.

Références