Les Maladies Fondamentales des Pigeons

Introduction

Les pigeons (Columba liviadomestica) appartiennent à l’ordre des Columbiformes et à la famille des Columbidae (Fig. 1). Les pigeons sont utilisés à des fins sportives comme pigeon de course, ornementales, de laboratoire ou de compagnie. Ils sont également élevés pour la production de viande. Les pigeons sauvages se développent très bien dans de nombreux pôles urbains (Magninoet al 2009).

Les pigeons et les tourterelles appartiennent à l’ordre des Columbiformes et à la famille des Columbidae

Figure 1. Les pigeons et les tourterelles appartiennent à l’ordre des Columbiformes et à la famille des Columbidae. Crédit photographique: Joseph Baranowski via Flickr Creative Commons.

Dans la suite de cet article, vous trouverez une collection de listes de diagnostic différentiel pour les problèmes cliniques fréquemment rencontrés chez les pigeons et les tourterelles. L’approche clinique des columbiformes repose sur les mêmes concepts de « Une seule santé » utilisés chez toutes les espèces. Toutefois, un bon nombre des maladies infectieuses listées sont relativement spécifique à ce groupe taxonomique, ou du moins beaucoup plus prévalentes en comparaison avec les psittaciformes ou les passereaux. Ces listes de diagnostic différentiel abrégées ne devraient en aucune façon remplacer un jugement professionnel lors de l’évaluation des patients.

Maladies décrites dans ces Fondamentaux

Circovirus
Coccidiose
Herpèsvirus
Hexamitiase
Complexe de l’ornithose
Paramyxovirus-1
Paratyphose
Poxvirus
Streptococcus
Trichomonose

Le recueil des commémoratifs

Les commémoratifs d’un columbidae devraient inclure toutes les questions habituelles pour un patient aviaire ainsi que l’historique de vaccination. Déterminez également :

  • Est-ce que l’oiseau est considéré comme un animal de compagnie, une source de nourriture ou membre d’un groupe de valeur ? Ceci permettra de déterminer si l’objectif du propriétaire est la santé du groupe ou celle de l’individu.
  • Est-ce que le pigeon (ou le propriétaire) a été exposé à des pigeons sauvages, des pigeons d’autres colombiers, ou des expositions d’oiseaux ?

Signes non spécifiques de maladie

Les signes non spécifiques de maladie peuvent regrouper l’anorexie, la perte de poids, la léthargie, une apparence en boule et ébouriffée, et un mauvais état général. L’amateur de pigeon pourra rapporter une réticence à voler ou des mauvaises performances de course (Table 1).

Table 1. Diagnostics différentiels importants chez les pigeons atteints de signes non spécifiques de maladie (De Herdt et Pasmans 2009, Silvanose 2008, Zwart 2008, Coles 2007, Hooimeijer 2006, Rupiper 1998, Hooimeijer et Dorrestein 1997)
CatégorieAgent étiologiqueCommentaires
Maladie bactérienneSalmonellose (Paratyphose)Aboutit fréquemment à un portage chronique. Une source d’infection est représentée par les pigeons endémiques
Streptococcus gallolyticusPathogène facultatif. Les septicémies sont plus fréquemment rencontrées entre Janvier et Août*
Chlamydia psittaciLes chlamydies font généralement partie du complexe de l’ornithose des pigeons. Toutefois, la maladie peut également être associée à une perte de poids, un plumage ébouriffé, de la polydipsie et de la diarrhée chez les oiseaux.
Mycobacterium avium subsp. columbaeEmaciation chronique, plumes ébouriffées, et/ou mue lente.
Maladie viraleCircovirusLéthargie, perte de poids et des mauvaises performances sont classiques chez des jeunes oiseaux.
Paramyxovirus-1Peut provoquer de la polyuro/polydipsie sans aucun autre signe clinique.
PoxvirusLes oiseaux affectés montrent souvent de l’anorexie, une perte de poids et une coloration des plumes du cou (hackles).
Maladie parasitaireTrichomonoseAssocié avec des mauvaises performances en course chez les pigeons adultes.
HexamitaL’émaciation peut être le seul signe clinique observé.
Infestation par des helminthes
  • Nématodes:Capillariaspp., Acuaria spp., Ascaridia spp., Tetrameres spp.
  • Cestodes: Raillietinaspp., Hymenolepisspp.
  • Trématodes: Echinostoma spp.
Maladie fongiqueCandida (muguet)Mauvaise croissance, plumes ébouriffées, inappétence et perte de poids.
Maladie métaboliqueCoup de chaleur
Exposition toxiqueMétaux lourds
Trauma

*Basé sur des observations réalisées en Belgique (De Herdt et Pasmans 2009)

Paramyxovirus-1
Le paramyxovirus-1 (PMV-1) est un variant de la souche mésogénique du virus de la maladie de Newcastle (NDV) qui affecte les pigeons et les tourterelles. Le paramyxovirus-1 a initialement émergé au Moyen-Orient dans les années 1980 mais est désormais retrouvé partout dans le monde (Bonfanteet al 2012, Coles 2007, Rupiper 1998). Le paramyxovirus-1 est une maladie devant être déclarée au Royaume-Uni et en Australie (NSW 2015, Coles 2007). Il est important de reconnaître que l’infection par le PMV-1 est très différente chez les pigeons par rapport aux poules et aux autres espèces d’oiseau. Les pigeons semblent être plus résistants à une infection par le NDV (Greenacre 2005).

Le paramyxovirus peut être ingéré ou inhalé et est transmis par contact direct avec des pigeons infectés ou des objets contaminés. La forme clinique de la maladie est fréquente chez les pigeons qui n’ont pas été vaccinés, et en particulier les pigeons sauvages (Coles 2007). Tous les âges sont affectés, toutefois, les jeunes oiseaux sont le plus à risque. En Europe de l’Ouest, l’infection par le PMV-1 se déroule typiquement à la fin de l’été et à l’automne (De Herdt et Pasmans 2009).

Les signes cliniques de PMV-1 chez les pigeons peuvent ressembler à ceux du NDV, hormis qu’il n’y a pas ou peu de signes cliniques respiratoires. Le tableau clinique peut regrouper (De Herdt et Pasmans 2009, Coles 2007):

  • De la polyuro-polydipsie. Il peut s’agir du seul signe clinique observé lorsque la maladie est précoce. La polyurie peut continuer jusqu’à 8 semaines et certains individus développeront des lésions rénales irréversibles conduisant à une polyurie persistante pendant tout le reste de leur vie.
  • Des signes nerveux centraux: tremblements des ailes, tourné en rond, torticolis, boiterie, tremblement de la tête et du cou, ataxie et/ou paralysie.
  • Des signes gastro-intestinaux: régurgitation, vomissements et/ou diarrhée aqueuse ou hémorragique
  • Des malformations des plumes, lorsque l’infection par le PMV-1 se produit au cours d’une mue.
  • Le taux de mortalité est habituellement inférieur à 5% si les pigeons peuvent recevoir des soins de support adéquats au cours de la période de signes cliniques sévères.

Le diagnostic peut être confirmé soit avec des titres sérologiques pairés ou multiples, soit par isolation du virus. Les lésions histologiques fréquemment retrouvées incluent une infiltration non suppurative du pancréas, du rein et du cerveau (De Herdt et Pasmans 2009, Coles 2007). Le traitement repose sur des soins de support jusqu’à ce que l’oiseau soit capable de maintenir un bon état d’hydratation et de manger de lui même (Harlin et Wade 2009).

Une vaccination annuelle à l’aide d’un vaccin inactivé adjuvé (AviPro 111 PMV-1, Lohmann Animal Health International; Nobilis, Novibac; Colombovac PMV, Pfizer) réduit le risque de maladie clinique de façon significative et devrait être entrepris 1-2 mois avant la saison de reproduction ou 6-8 semaines avant une course ou une exposition. Les oiseaux peuvent être vaccinés à partir de l’âge de 3-4 semaines et devraient recevoir un rappel annuel. La vaccination des oiseaux, y compris chez les jeunes, est recommandée lors d’épidémie (Harlin et Wade 2009). Lorsque les pigeons vaccinés développent une maladie clinique, la législation européenne requiert que tous les pigeons en contact étroit avec les oiseaux affectés soient euthanasiés (De Herdt et Pasmans 2009, Hooimeijer 2006).

Maladies fréquentes des jeunes oiseaux

Il existe un grand nombre de maladies infectieuses fréquemment rencontrées chez les pigeonneaux, et les jeunes oiseaux (Table 2).

Table 2. Maladies fréquentes des jeunes pigeons (Harlin 2013, Raidal 2012, De Herdt et Pasmans 2009, Coles 2007, Greenacre 2005, Hooimeijer 2006, Rupiper 1998, Hooimeijer et Dorrestein 1997)
CatégorieAgent étiologiqueCommentaires
Maladie bactérienneColibacillosisBien que ce pathogène facultatif puisse provoquer une morbidité chez les oisillons au nid, « la diarrhée du jeune pigeon » est provoqué par une prolifération de E. coli et se manifeste typiquement chez les jeunes pigeons après leur premier entraînement au vol.
Salmonellose (paratyphose)Retard de croissance, mort.
Des épidémies soudaines et violentes peuvent se produire. La source d’infection est représentée par les pigeons endémiques.
Chlamydia psittaciFait habituellement partie du complexe de l’ornithose chez les pigeons, C. psittaci est également une cause importante de diarrhée, polydipsie, plumes ébouriffées, maladie respiratoire, maladie oculaire et perte de poids chez les jeunes oiseaux.
Maladie viraleCircovirusLéthargie, perte de poids, détresse respiratoire, diarrhée chez les oiseaux entre 1 et 4 mois d’âge.
HerpèsvirusMort subite, inflammation diphtérique du larynx, de l’œsophage et de la trachée.
Rôle mineur dans le coryza
Adenovirus type ISigne non spécifique de maladie, polyuro-polydipsie, diarrhée aqueuse verte, vomissements, perte de poids chez les pigeons avant un an d’âge.

Nécrose hépatique
PoxvirusProlifération hypertrophique de l’épithélium, de façon prédominante autour du bec et des paupières.
Maladie parasitaireTrichomonoseMort subite et émaciation sont des manifestations fréquentes.
HexamitaPlus fréquemment observé au cours des mois de printemps et d’été.
EctoparasitesDermanyssus gallinae et Ornithonyssus sylviarum sont des acariens hématophages. Argas reflexusest une tique hématophage. Ces ectoparasites peuvent engendrer de la mortalité au nid.
Maladie fongiqueCandidaRetard de croissance, plumes ébouriffées, inappétence, régurgitation et perte de poids.
TraumaCannibalismeSurpopulation, autres facteurs de stress

Le circovirus du pigeon
Initialement décrit chez les pigeons en Californie (USA) en 1990, le circovirus du pigeon (PiCV) est désormais retrouvé dans l’ensemble du monde (Raidal 2012, Hooimeijer 2006).

Bien que le mode de transmission soit inconnu, le PiCV est fréquemment diagnostiqué dans les groupes où des nouveaux pigeons sont introduits sans application de bons protocoles de quarantaine. Les oiseaux de moins de 4 mois d’âge sont particulièrement sensibles. La plupart des infections chez les oiseaux sevrés et les adultes suit une évolution subclinique. Il n’y a pas de prédilection saisonnière ou de sexe.

Le tableau clinique peut regrouper (Harlin et Wade 2009, Schmidt et al 2008, Hooimeijer 2006):

  • Des signes non spécifiques de maladie tels que de la léthargie, une perte de poids et des mauvaises performances
  • De la détresse respiratoire
  • Des éternuements
  • Une bursite
  • De la diarrhée
  • La mort en 3 à 5 jours

L’infection par le circovirus peut faire partie du syndrome de la maladie des jeunes pigeons, un syndrome multifactoriel qui semble être particulièrement fréquent en Europe central. Le syndrome est associé à de multiples infections secondaires, supposées être secondaires à l’immunosuppression causée par le PiCV. Les facteurs de stress tels que la surpopulation et un temps peu cléments sont considérés être des facteurs prédisposant (Raidal 2012, Schmidt et al 2008).

L’examen histopathologique de la bourse de Fabricius, du thymus, du foie, du rein, du cerveau, du jabot, des intestins et de la rate révèle des inclusions intranucléaires. Le diagnostic peut être confirmé par microscopie électronique ou PCR (Raidal 2012, Coles 2007, Hooimeijer 2006).

La gestion du PiCV dans le cadre d’une prise en charge individuelle repose sur l’administration de soins de supports et d’immuno-modulateurs tels que l’interleukine. La maladie peut être limitée par l’application de protocoles de quarantaine, une réduction du stress et une attention minutieuse à l’hygiène.

L’herpèsvirus du pigeon
L’herpèsvirus du pigeon ou PHV-1 est excrété dans les fèces et les sécrétions oropharyngées. La forme clinique de la maladie prédomine chez les pigeonneaux issus de parents non infectés, et la maladie systémique est le plus souvent observée entre 2 et 10 semaines d’âge. L’herpèsvirus est transmis au jeune par d’autres oiseaux présentant une infection latente. L’infection est généralement asymptomatique chez les oiseaux adultes, bien que certains individus immuno-supprimés puissent montrer des signes cliniques légers pendant 1 à 2 semaines. Les infections latentes persistent pendant toute la vie. Historiquement, plus de 50% des pigeons de course possèdent des anticorps contre le PHV-1 (De Herdt 2009).

Le tableau clinique peut regrouper (De Herdt 2009, Harlin 2009, Wernery 2008, Coles 2007):

  • De l’anorexie, des fientes vertes
  • Des signes respiratoires supérieurs légers (rhinite, conjonctivite)
  • Des plaques diphtériques dans l’oropharynx, l’œsophage et/ou la trachée avec de la détresse respiratoire
  • Faiblesse, ataxie, tremblements des ailes
  • Vomissements
  • Polydipsie
  • Biliverdinurie
  • Mort subite chez les jeunes oiseaux
  • Morbidité atteignant jusqu’à 60% des oiseaux affectés

Le diagnostic repose sur l’isolation de l’agent à partir des foyers nécrotiques hépatiques et spléniques ou sur la présence de corps d’inclusion intranucléaire au sein des lésions (Cole 2007). L’utilisation d’acyclovir à 80 mg/kg PO q8h pendant 10 jours peut réduire la mortalité au cours d’une épidémie (Greenacre 2005).

Maladies du tractus gastro-intestinal

Lésions oropharyngées

Les lésions oropharyngées sont une découverte fréquente lors de l’examen clinique des columbidae malades. Les différentiels d’importance en présence de lésions caséeuses ou diphtériques incluent Trichomonas gallinae, le poxvirus, l’herpèsvirus, et la candidose (De Herdt et Pasmans 2009, Coles 2007). La surcroissance de Candida albicans se produit fréquemment dans les groupes très médicamentés. En plus des lésions oropharyngées, les oiseaux souffrant de candidose peuvent montrer une distension du jabot par un liquide d’odeur aigre, des régurgitations et de l’anorexie. De minuscules nodules blancs ou jaunes, appelés sialolithes peuvent être identifiés sur le palais. La cause et la signification de ces éléments est inconnue.

Table 3. Causes principales de vomissements et de diarrhées chez les pigeons (De Herdt et Pasmans 2009, Harlin et Wade 2009, Silvanose, 2008, Zuccaet al 2008, Zwart 2008, Coles 2007, Hooimeijer 2006, Rupiper 1998, Hooimeijer et Dorrestein 1997)
CatégoriesAgent étiologiqueCommentaires
Maladie bactérienneColibacilloseLa « diarrhée du jeune pigeon” se déclare après le premier entrainement au vol chez des oiseaux entre 2 et 6 mois d »âge. Des vomissements sont également fréquemment observés avec la septicémie à E.Coli. L »infection peut également se produire chez des pigeons adultes.
Chlamydia psittaciFait habituellement partie du complexe de l »ornithose chez les pigeons. C. psittaciest également une cause importante de diarrhée et de perte de poids chez les oiseaux.
Mycobacterium avium subsp. columbaeEmaciation chronique, diarrhée
SalmonelloseDiarrhée verte à jaune ou hémorragique. Est fréquemment responsable d »un état de porteur chronique. Toutefois, des épidémies soudaines et virulentes peuvent se déclarer. La source de l »infection est représentée par les pigeons endémiques.
Maladie viraleAdénovirus type IStase du jabot, vomissements, perte de poids et/ou diarrhée aqueuse chez des jeunes oiseaux avant un an d »âge.
CircovirusDiarrhée et perte de poids chez des oiseaux de 1 à 4 mois d »âge.
HerpèsvirusFientes vertes, œsophagite infectieuse (lésions diphtériques dans l »oropharynx et l »œsophage), vomissements
Paramyxovirus-1Diarrhée aqueuse ou hémorragique et vomissements ou régurgitation
Maladie parasitaireCapillairesCapillaria obsignata et C. caudinflata sont les nématodes les plus fréquemment rencontrés chez les pigeons. Des infestations importantes conduisent à des vomissements, de la diarrhée et de la perte de poids.
CestodesGénéralement découverts fortuitement. Néanmoins, des infestations massives peuvent provoquer de la diarrhée.
CoccidiesDe fortes infestations peuvent provoquer des entérites, particulièrement chez des jeunes oiseaux.
HexamitaDes infestations massives peuvent provoquer vomissements, diarrhée, polydipsie, perte de poids et déshydratation. Les selles sont aqueuses ou mucoïdes, d »un vert intense et malodorantes.
TrématodesUne diarrhée hémorragique peut se déclarer avec des infestations massives. Très rarement observé aux Etats-Unis.
TrichomonasDe la diarrhée peut être observée avec des infestations massives sous la forme de fientes fluides avec une odeur aigre. Les infestations massives peuvent provoquer vomissements et régurgitations.
Maladie fongiqueCandidaRetard de croissance, plumage ébouriffé, inappétence, régurgitation, perte de poids
Exposition toxique
Organophosphates


Hypersalivation, vomissement ou régurgitation, diarrhée
Métaux lourdsStase du jabot, vomissement ou régurgitation, diarrhée

Trichomonose
La plupart des pigeons et des colombes hébergent le protozoaire flagellé mobile Trichomonas gallinae. La trichomonose est une infection très fréquente chez les columbidae. L’organisme est directement transmis par la salive et le lait de jabot. Les pigeonneaux sont classiquement infectés lors des repas. Lorsqu’ils sont utilisés comme source d’alimentation, les columbiformes peuvent également transmettre l’infection à T. gallinae aux faucons et aux buses (De Herdt et Pasmans 2009, Stouteet al2009).

Le tableau clinique varie en fonction de la virulence de la souche et de l’âge du pigeon. La plupart des souches sont de faible virulence, et les adultes infectés sont souvent des porteurs sains. La forme clinique de la maladie tend à être plus sévère chez les oiseaux juvéniles. Trichomonas peut être un pathogène primaire ou une cause de maladie secondaire chez les oiseaux stressés par une maladie concomitante (De Herdt et Pasmans 2009, Stouteet al 2009, Coles 2007, Hooimeijer et Dorrestein 1997).

Trichomonas gallinae envahit habituellement la muqueuse de l’oropharynx, de l’œsophage et du jabot. Les lésions initiales sont assez petites, mais coalescent lorsque la maladie progresse pour former des dépôts caséeux blancs recouvrant des ulcérations nécrotiques. La paroi du jabot infecté devient épaisse et ferme. Les signes cliniques regroupent typiquement une dépression sensorielle, un plumage ébouriffé, de l’anorexie, une perte de poids, et des régurgitations ou vomissements. Occasionnellement, la trichomonose peut s’étendre jusque dans le proventricule, la conjonctive oculaire, les sinus, le bec ainsi qu’à la commissure du bec (ou rictus). Les oiseaux fortement infectés peuvent présenter un jetage oral et oculonasal claire et mucoïde, voire même passer des fientes aqueuses avec une odeur aigre. Dans les cas d’infections sévères, les lésions peuvent également s’étendre dans les tissus mous de la tête, du cou et des orbites. Les souches particulièrement virulentes peuvent descendre le long du tractus gastro-intestinal chez les pigeonneaux de 1-3 semaines d’âge, finissant par passer la barrière intestinale et envahissant les gros vaisseaux ainsi que le foie. Cette forme systémique se répand au foie, aux poumons, au mésentère et au cœur (De Herdt et Pasmans 2009, Stouteet al 2009, Zucca et Delogu 2008, Coles 2007, Hooimeijer 2006, Charlton et al1991).

Le diagnostic de trichomonose repose sur l’identification de l’organisme. Récoltez un prélèvement en réalisant un lavage de jabot, un frottis de jabot à l’aide d’un coton-tige humidifié voire même en aspirant les sécrétions mucoïdes oropharyngées. Colorez la lame avec un protocole Giemsa (Fernando et al 2011, Coles 2007) ou réalisez une cytologie avec un montage frais en mettant le prélèvement en suspension dans une goutte de solution saline ou d’eau stérile tiède. Placez l’échantillon humide sur une lame ou une couvre lame chauffée à la température corporelle et réalisez un examen microscopique à faible magnification (x10). Les organismes de trichomonas mesure 5-19 µm de long avec quatre flagelles situés en position antérieure (De Herdt et Pasmans 2009, Stouteet al 2009).

La prise en charge médicale est efficace en utilisant des dérives du 5-nitroimidazole incluant le ronidazole, le carnidazole, (Spartix®, Wildlife Pharmaceuticals) (12.5-25 mg/kg PO une fois), le dimétridazole, ou le métronidazole (25-50 mg/kg PO q12h x 5-10 jours (Hawkins et al 2013, De Herdt et Pasmans 2009, Munoz et al 2008). Malheureusement, les colombophiles administrent souvent ces traitements de façon prophylactiques au cours de la saison de course et l’apparition de résistances au nitroimidazole est possible (Munoz 1998, Franssen et Lumeij 1992). Aux Etats-Unis, ces traitements ne peuvent pas être utilisés chez les oiseaux destinés à la consommation humaine et la gestion repose à la place sur la réduction du stress et l’abattage des oiseaux sévèrement affectés (Stouteet al 2009).

Hexamitiase
Hexamita columbae, également appelé Spironucleus columbae, est un parasite flagellé mesurant 5-9 µm. L’infection se produit par l’ingestion de kystes infectieux dans les fientes, la nourriture ou l’eau. La forme clinique de la maladie est plus fréquemment rencontrée avec des infestations massives chez les jeunes oiseaux jusqu’à 12 semaines d’âge. Le tableau clinique peut inclure des vomissements, une diarrhée fétide aqueuse ou mucoïde d’un vert intense, de polydipsie, une perte de poids et un mauvais état général. Certains jeunes oiseaux peuvent mourir de façon suraiguë lors de leur premier entrainement. Le diagnostic d’hexamitiase repose sur l’examen cytologique d’un écouvillon cloacal frais en montage frais ou suite à une coloration Giemsa. L’organisme peut être reconnu par ses mouvements linéaires lorsqu’il est observé au microscope, avec une magnification optimale entre x200-400. Comme pour la trichomonose, le traitement repose sur l’utilisation des dérivés du 5-nitroimidazole. Lors de nécropsie, les cryptes de Lieberkühn sont remplies de kystes et de trophozoïtes. Le parasite peut également être observé à la cytologie de raclages muqueux profonds (De Herdt et Pasmans 2009, Coles 2007).

Coccidiose
Eimeria labbeana et E. columbarum sont des endoparasites communs des pigeons. La coccidiose est diagnostiquée par l’examen microscopique des fèces. Un faible nombre d’oocyste ne nécessite pas de traitement. Toutefois, l’excrétion peut être un signe non spécifique de retard de croissance et ne devrait pas être négligé. Des infestations massives peuvent provoquer de la diarrhée chez les oiseaux au nid. Le traitement repose sur l’administration de toltrazuril (Baycox®, Bayer) (20-35 mg/kg PO une fois ou 20 mg/kg dans l’eau de boisson x 2 jours), de clazuril, ou de sulfonamides. Minimisez le risque de maladie clinique en utilisant un fond de cage grillagé de sorte à limiter le contact des oiseaux avec des fientes contaminées et en nettoyant régulièrement le colombier pour retirer les oocystes avant qu’ils ne sporulent. (De Herdt et Pasmans 2009, Krautwald-Junghannset al 2009, Vercruysse 1990).

Maladies respiratoires

Le coryza est un terme non spécifique pour désigner une maladie respiratoire chez un pigeon. La cause sous-jacente de la maladie est souvent multifactorielle et peut inclure des agents infectieux ainsi que des facteurs non-infectieux associés au colombier (Encadré 1) (De Herdt et Pasmans 2009).

Encadré 1. Facteurs environnementaux influençant l’incidence des maladies respiratoires chez les pigeons
  • Hygiène
  • Humidité
  • Température
  • Densité de population
  • Ventilation
  • Poussières

Comme chez tous les patients aviaires, les signes précoce de maladie respiratoires peuvent être très subtiles et les colombophiles peuvent simplement rapporter de mauvaises performances en course ou des fientes légèrement vertes et pâteuses. Alors que la maladie progresse, le propriétaire peut observer de l’épiphora, des mouvements de déglutition fréquents, des secouements et des grattements de tête ainsi que des éternuements. Le plumage autour des épaules et du dos peut devenir humide à mesure que l’oiseau s’essuie les yeux et les narines. Les signes cliniques finissent par évoluer vers une respiration bouche ouverte, de la congestion et une détresse respiratoire (Hooimeijer 2006).

Lors de l’examen physique la cire normale devrait être sèche avec une accumulation de poudre de duvet blanche, mais peut apparaître humide et grise à la place. Il peut également y avoir des signes de conjonctivite, dacryocystite et/ou pharyngite. Des membranes diphtériques jaunes peuvent être observées sur les muqueuses de l’oropharynx, de la langue et de la trachée (Hooimeijer 2006).

Table 4. Causes principales de signes respiratoires chez les pigeons (Duizer et al 2010, Dickx et al 2010, De Herdt et Pasmans 2009, Magnino et al 2009, Zwart 2008, Hooimeijer 2006, Vandamme 1998, Hooimeijer et Dorrestein 1997)
CatégorieAgent étiologiqueCommentaires
Maladie bactérienneComplexe de l »ornithoseLéthargie, perte de poids, conjonctivite, obstruction des narines, détresse respiratoire
Maladie viraleHerpèsvirus

Conjonctivite légère. Une rhinite est parfois retrouvée chez les jeunes pigeons
Poxvirus

La forme « humide » de la poxvirose peut obstruer la trachée et provoquer une congestion et une détresse respiratoire
CircovirusUne détresse respiratoire peut être observée chez les oiseaux entre 1-4 mois d »âge.
Maladie parasitaireTrichomonasUne infection virulente et sévère peut provoquer une trichomonose nasale chez les oiseaux au nid.
Maladie métaboliqueCoup de chaleur
TraumaCompression des sacs aériens
  • Rétention d’œuf
  • Ascite
  • Obésité
  • Effet de masse cœlomique: néoplasie, kystes
  • Rupture des sacs aériens suite à un trauma ou une infection
Exposition toxiqueVapeurs toxiques
Irritants respiratoires

L’aspergillose n’est que rarement observée et limitée à quelques pigeons au sein d’un groupe. L’incidence de la maladie pourrait augmenter avec des conditions environnementales favorisant la production de spores fongiques comme les litières de paille (Hooimeijer et Dorrestein 1997).

Le complexe de l’ornithose
Les pigeons peuvent contracter des infections mixtes connues sous le nom du “complexe de l’ornithose”. Les pathogènes potentiellement impliqués regroupent (De Herdt et Pasmans 2009, Hooimeijer 2006, Magninoet al 2009, Vandammeet al 1998):

  • Chlamydia psittaci
    La bactérie intracellulaire obligatoire, C. psittaci, est considérée endémique dans les populations de pigeons sauvages dans l’ensemble du monde. Il y a également une forte prévalence de C. psittaci dans les installations abritant des pigeons (Duizeret al 2010, Dickxet al 2010).
  • E. coli
  • Hemophilus spp.
  • Mycoplasma spp. (très rarement associée avec des maladies respiratoires chez les pigeons)
  • Pelistega europaea
  • Staphylococcus intermedius
  • Herpèsvirus

La maladie clinique est plus marquée chez les jeunes oiseaux âgés de moins de 12 mois. Les signes cliniques incluent léthargie, perte de poids, conjonctivite, kératite, obstruction des narines, jetage nasal, éternuements, détresse respiratoire, diarrhée et polydipsie. (Duizeret al 2010, Zwart 2008). Visitez la page LafeberVet’s sur la Chlamydiose aviaire pour des informations supplémentaires incluant le diagnostic, le traitement et le potentiel zoonotique de la chlamydiose.

Maladies neurologiques

Les maladies neurologiques chez les pigeons sont souvent provoquées par une exposition toxique ou des maladies infectieuses (Tableau 5). Les signes d’atteinte du système nerveux central peuvent inclure un torticolis, de l’ataxie, de la parésie voire même une paralysie et l’oiseau peut tourner en rond. Les oiseaux peuvent être incapables d’attraper leur nourriture, essayant souvent de picorer mais ratant les particules alimentaires. Le propriétaire peut également rapporter que l’oiseau rate le perchoir lorsqu’il atterrit voire même, tombe de son perchoir.

Table 5. Causes principales de maladie neurologique chez le pigeon (De Herdt et Pasmans 2009, Hooimeijer 2006)
CatégorieAgent étiologiqueCommentaires
Maladie viraleHerpèsvirusFaiblesse, ataxie, tremblements
Paramyxovirus-1Ataxie, tremblements, parésie, paralysie partielle ou complète, incoordination des mouvements de la tête, torticolis, et tourne en rond
Maladie bactérienneSalmonellose (paratyphose)L’infection peut être localisée dans le cerveau voire même l’oreille. La source de l’infection est représentée par les pigeons endémiques.
StreptococcoseLa septicémie à S. gallolyticus peut conduire à une méningite et/ou à une encéphalite. Les signes cliniques peuvent inclure une paralysie complète ou une posture en s’appuyant sur le front dans un effort de se tenir debout. Cette septicémie est plus fréquemment rencontrée entre Janvier et Août.*
Maladie métaboliqueHypocalcémieAtaxie, fasciculations, musculaires, crises convulsives

Coup de chaleur
TraumaTrauma
Rétention d’oeufCompression mécaniques des nerfs des pattes
Exposition toxiqueOrganophosphates

L’intoxication la plus fréquente observée chez les pigeons. Les signes cliniques incluent mydriase, salivation, tremblements, tétanie, parésie, diarrhée et la mort.
Métaux lourdsTremblements, tourne en rond, crise convulsive et/ou cécité
Dimétronidazole, métronidazoleUn surdosage de ces nitroimidazoles peut provoquer de l’ataxie, une vision floue, de la cécité et de la perte de poids.
*Fondé sur des observations réalisées en Belgique (De Herdt et Pasmans 2009)

Conjonctivite

Les maladies importantes à rechercher lors de conjonctivite chez le pigeon incluent Chlamydia psittaci (see le complexe de l’ornithose) et Mycoplasma columbinum, rapportée seulement en de rares occasions chez les pigeons (Duizeret al 2010, Hooimeijer 2006). Les amateurs de pigeon anglais appellent parfois la conjonctivite “one-eyed cold” (« rhume d’un œil »). Une membrane nictitante enflammée et œdémateuse est également connu sous le nom de “the film” (« le film » en anglais) (Hooimeijer 2006).

Maladies musculosquelettique

Table 6. Causes principales de maladie musculosquelettique chez le pigeon (Harlin 2013, De Herdt et Pasmans 2009, Hooimeijer 2006)
Categories Agent étiologique Commentaires
Maladie bactérienne Salmonellose (paratyphose) Arthrite septique, particulièrement du coude
Streptococcose Ténosynovite, myosite, nécrose du muscle pectoral, paralysie complète
Maladie virale Circovirus Bourse œdémateuse et gonflée dans les phases aiguës de la maladie
(oiseaux âgés de 1-4 mois), avec une atrophie de la bourse dans les cas chroniques (oiseaux adultes)
Maladie métabolique Hypocalcémie Fracture pathologique

Dommages musculaires Secondaire à une utilisation excessive
Trauma Fracture/luxation
Trauma associé à la bague

Paratyphose
La paratyphose, provoquée par Salmonella typhimurium var. Copenhagen est la maladie bactérienne la plus importante chez les pigeons et les tourterelles. La transmission du microbe se fait par voie féco-orale, avec les pigeons endémique jouant le rôle de source infectieuse. La plupart des oiseaux infectés restent porteurs asymptomatiques si les signes cliniques de la maladie peuvent être résolus. Les signes cliniques dépendent des organes atteints et de l’étendue des lésions. Ils peuvent regrouper une diarrhée verte et visqueuse ou hémorragique, un mauvais état général, de l’infertilité ou de la mort embryonnaire, une panophtalmite avec cécité secondaire, la formation d’abcès dans la peau, une dermatite exsudative, de l’opisthotonos, des arthrites et une mort subite. Un gonflement étendu du coude est un signe clinique pratiquement pathognomonique et est parfois qualifié de “mal d’aile” par les colombophiles. L’épaule, le canal triosseux et les articulations de la patte peuvent également être affectées. L’euthanasie des oiseaux cliniquement affectés est généralement recommandée car le traitement est très difficile et de longue durée, et car les survivants deviennent porteurs asymptomatiques. Des protocoles de quarantaines longs, une bonne hygiène et des mesures de réduction du stress doivent être instaurées pour les autres pigeons du groupe (De Herdt et Pasmans 2009, Coles 2007).

Maladies dermatologiques

Table 7. Causes principales de maladie dermatologique chez le pigeon (Harlin 2013, De Herdt et Pasmans 2009, Harlin et Wade 2009, Hooimeijer 2006, Tudor 1991)
CategoriesAgent étiologiqueCommentaires
Maladies viralesCircovirus
Paramyxovirus-1

Malformation des plumes si l’infection par le PMV-1 se déclare pendant la mue
PoxvirusProlifération hypertrophique de l’épithélium, principalement autour du bec et des paupières.
Maladies parasitairesPouxLes poux des pigeons sont assez communs. Différentes espèces peuvent parasiter les plumes de l’aile (Columbicola columbae) ou de de la queue (Campanulotes bidentatus) et se nourrissent de poussière de plumes ou de sang (Pseudolynchia canariensis). Bien que les lésions du plumage soient minimales, l’agitation qui en résulte chez les oiseaux infectés peut être significative.
AcariensMegninia columbae, Falculi ferrostratus, et Neoknemidocoptes laevis peuvent créer des trous en tête d’épingle au sein du plumage. Knemidocoptes mutans peut infester la peau, particulièrement celle sur les pattes, et engendrer des plumes brisées, une peau écailleuse sur les pattes et de la calvitie, particulièrement dans la région du cou. Dermanyssus gallinaeet Ornithonyssus sylviarum sont des acariens hématophages.
TiquesArgas reflexus est une tique hématophage.
Exposition toxiqueBenzimidazolesLes anthelminthiques de la famille des benzimidazoles peuvent provoquer des anomalies des plumes s’ils sont administrés lors de la mue.
TraumaMutilationLes traumas représentent un problème fréquent dans les colombiers surpeuplés. Les columbidés peuvent être assez agressifs et pugnaces, particulièrement pendant la saison de reproduction.
UsureDes plumes usées sont parfois observées chez les pigeons de course

Le poxvirus du pigeon

Le poxvirus du pigeon affecte tous les groupes d’âge mais les épidémies cliniques se déclarent principalement chez les jeunes pigeons. Elles sont plus fréquentes au cours des saisons favorisant la transmission par les moustiques. Néanmoins, l’infection peut également se répandre d’oiseaux en oiseaux pour autant qu’il existe un bris de la barrière cutanée permettant la pénétration du virus. Les formes cutanées et diphtériques de poxvirus peuvent apparaître de façon séparées ou conjointes comme une infection mixte (Harlin 2013, De Herdt et Pasmans 2009, Wernery 2008, Rupiper 1998, Hooimeijer et Dorrestein1997):

  • La forme sèche du poxvirus commence avec de petites lésions blanches similaires à des ampoules sur les régions cutanées glabres de la face, de la tête, des pattes et des pieds. Ces petites lésions augmentent rapidement de taille pour former des grosseurs ressemblant à des verrues, qui coalescent ensuite en de larges croûtes brunes pouvant persister pendant 3 à 4 semaines
  • Les pigeonneaux avec des infections sévères peuvent être recouverts de lésions de pox incluant l’ombilic et le cloaque. Les lésions impliquant la base du bec peuvent causer des déformations permanentes de la rhinothèque chez les oiseaux juvéniles.

  • Dans la forme humide du poxvirus, des lésions diphtériques jaunes-grises, surélevées, apparaissent sur les muqueuses de l’oropharynx, du jabot, de la trachée, des narines et des yeux. La pox peut évoluer vers une forme de maladie systémique, infectant l’ensemble des organes du corps.

L’existence de ces lésions caractéristiques étaye une forte suspicion d’infection par le poxvirus. La cytologie permet de confirmer cette suspicion en mettant en évidence la présence d’inclusions intracytoplasmiques éosinophiliques connues sous le nom de corps de Bollinger.

Il n’existe pas de traitement pour la poxvirose. Apportez des soins de support et administrez des antibiotiques pour contrôler le développement d’infection bactérienne secondaire, si nécessaire. Protégez les colonies avec un vaccin homologue, vivant modifié (AviPro Pigeon Pox, Lohman Animal Health International; Colombovac PMV Paramyxo& Pox, Pfizer), en commençant chez les oiseaux dès l’âge de 4 semaines. (Harlin et Wade 2009). Les vaccins sont administrés directement dans un follicule plumeux « épilé » sur l’aspect latéral de la cuisse, ou par injection sous-cutanée. Une réaction inflammatoire provoque un gonflement avec une coloration jaune-brune de la région 5-7 jours plus tard, ce qui indique le succès de la vaccination (Harlin et Wade 2009, Greenacre 2005). La vaccination peut être une mesure efficace lors d’épidémie de poxvirose. Toutefois, une attention particulière doit être portée à ne pas propager le virus infectieux par l’intermédiaire du matériel utilisé.

Note: Les injections sous-cutanés chez les pigeons de course sont souvent réalisées dorsalement à la base du cou (De Herdt et Pasmans 2009).

 

Mort subite

Tout pigeon décédé devrait être faire l’objet d’une nécropsie et un examen histopathologique devrait être réalisé. Les causes potentielles de mort subite ou suraiguë chez les pigeons regroupent (Bonfanteet al 2012, De Herdt et Pasmans 2009, Stouteet al 2009, Coles 2007, Rupiper 1998, Hooimeijer et Dorrestein 1997):

  • L’adenovirus de type II
  • L’herpèsvirus (chez les oisillons au nid)
  • Le paramyxovirus-1
  • La septicémie à E. coli (chez les oisillons au nid)
  • La paratyphose
  • La septicémie à Streptococcus gallolyticus
  • Acuaria sp. (des infestations massives peuvent provoquer des anémie sévères et des taux de mortalité élevés)
  • Trichomonose
    En de rares occasions, et particulièrement chez les jeunes oiseaux, une mort subite peut survenir lorsque le parasite envahit les grands vaisseaux. Les souches virulentes peuvent également provoquer des taux de mortalité aussi élevé que 50% bien que l’évolution de la maladie soit subaiguë à chronique.
  • Maladie métabolique comme un coup de chaleur
  • Exposition toxique

Streptococcus
Streptococcus gallolyticus peut faire partie de la flore gastro-intestinale normale. En conséquence il est considéré être un pathogène facultatif. Tant que les bactéries du genre S. gallolyticus sont confinées au tractus gastro-intestinal, aucun signe clinique n’est observé.
La septicémie associée à Streptococcus gallolyticus (anciennement dénommée S. bovis) peut être observée chez des pigeons de tous âges. L’incidence de cette septicémie est la plus forte entre Janvier et Août en Belgique et pourrait être plus élevée chez les femelles au cours de la saison de reproduction (De Herdt et Pasmans 2009).

Une mort aiguë ou suraiguë est la manifestation clinique la plus fréquente. La lésion la plus typique consiste en un grand foyer nécrotique bien délimité au sein du muscle pectoral, lequel peut être visible au travers de la peau. D’autres signes cliniques communément observés sont associés à une ténosynovite du tendon du muscle pectoral profond et/ou une arthrite septique de l’épaule, du grasset ou de l’articulation intertarsienne. Les oiseaux affectés peuvent montrer un port d’aile tombant, une incapacité à voler et une boiterie, ainsi qu’une émaciation, de la polyurie et une diarrhée verte et visqueuse. Une paralysie complète et des oiseaux se tenant sur leur tête dans une tentative de se tenir debout peuvent également être observés. Occasionnellement, une perte de poids peut être la seule manifestation clinique de la maladie (De Herdt and Pasmans 2009, Hooimeijer and Dorrestein 1997).

Le diagnostic peut être suspecté sur la base des signes cliniques observés. Néanmoins, le diagnostic définitif repose sur l’isolation de S. gallolyticus; et une nécropsie est donc nécessaire. A l’examen post-mortem, S. gallolyticus peut être cultivé à partir du foie, de la rate, des reins et du myocarde (De Herdt et Pasmans 2009).

La septicémie streptococcique peut être difficile à traiter et la thérapie antimicrobienne devrait être justifiée par les résultats d’un test de sensibilité. Des résistances acquises aux macrolides, à la lincomycine, à l’enrofloxacine, aux tétracyclines et aux sulfonamides ont été documentées. La pénicilline G, l’ampicilline et l’amoxicilline peuvent être utilisées pour un traitement de première intention. La prévention est de loin supérieure au traitement et celle-ci repose sur l’existence d’une quarantaine, de règles d’hygiène strictes et sur la réduction du stress (De Herdt 2009).

Conclusion

Les maladies les plus importantes chez le pigeon incluent de nombreuses conditions parasitaires comme les poux et les acariens, les vers ronds, Hexamita columbae, et Trichomonas gallinae ainsi que des maladies bactériennes telles que la chlamydiose, la staphylococcose, la salmonellose ou paratyphose, et la colibacillose. Les maladies virales telles que le paramyxovirus-1, le circovirus et l’herpèsvirus sont fréquemment rapportés chez les pigeons sauvages et de façon sporadiques pour les groupes en captivité.

Par définition, les pigeons conservés à des fins d’exposition ou de course sont maintenus dans des groupes ouverts. Les oiseaux ont des contacts fréquents avec les pigeons d’autres colombiers et les maladies infectieuses sont fréquentes, particulièrement au cours de la saison de course. Les facteurs prédisposant l’apparition de maladies incluent la surpopulation, des conditions d’entretien inappropriées, une utilisation d’antibiotique non raisonnée, une incapacité à vacciner et des oiseaux de courses qui ne sont pas en bonnes condition (Hooimeijer 2006, Rupiper 1998, Hooimeijer and Dorrestein 1997). Une fois que la maladie est symptomatique, l’infection a généralement atteint un pic au sein d’un groupe et la gestion de la situation par le clinicien doit souvent se concentrer sur le fait de limiter la morbidité et la mortalité. Lorsque la santé du groupe est l’objectif principal, la gestion implique souvent l’euthanasie et la nécropsie des oiseaux affectés (De Herdt and Pasmans 2009).

Références