Point zoonose: Encéphalitozoonose chez les lapins européens

Points clés

  • De nombreux lapins sont des porteurs asymptomatiques d’E. cuniculi.
  • L’encéphalitozoon peut se transmettre par contact avec l’urine de lapin.
  • L’encéphalitozoonose présente un risque de transmission aux personnes immunodéprimées.
  • La présentation clinique chez l’homme varie.
  • Eviter tout contact avec l’urine de lapin, infecté ou non, et adopter de bonnes mesures d’hygiène.

Introduction

Il est bien établi que posséder un animal de compagnie procure des bénéfices physiques et psychologiques (Friedman 2009). Cependant, le contact avec les animaux n’est pas sans risque et la transmission de maladies zoonotiques est possible. Les lapins ne transmettent pas de maladie sévère à l’homme (Mitchell 2005), mais ils peuvent être porteurs de certains pathogènes potentiels, dont Encephalitozoon cuniculi (Fig 1).

es lapins de compagnie peuvent être porteurs de nombreux pathogènes potentiels, dont Encephalitozoon cuniculi

Figure 1. Les lapins de compagnie peuvent être porteurs de nombreux pathogènes potentiels, dont Encephalitozoon cuniculi. Crédit photo: Alex via Flickr Creative Commons.

Porteurs sains

Encephalitozoon cuniculi est un parasite microsporidien intracellulaire obligatoire. Il peut infecter un grand nombre de mammifères, dont l’homme. L’hôte primaire pour E. cuniculi est le lapin, qui présente typiquement une infection subclinique (Künzel 2010).

Transmission

E. cuniculi est transmis par ingestion d’urine contaminée chez le lapin (Künzel 2010). L’homme est exposé aux spores via un contact avec de l’urine de lapin.

Qui est à risque?

La prévalence ou l’importance de l’infection à Encephalitozoon spp. chez les individus immunocompétents est difficile à évaluer (Khan 2001). Des études sérologiques suggèrent que l’exposition aux microsporidies est fréquente, mais sans conséquences cliniques (Van Gool 2004).

Si l’infection à E. cuniculi est rare chez l’homme, la microsporidiose est considérée comme une infection opportuniste émergente chez les patients atteints du SIDA. Des complications liées à une infection par E. cuniculi ont été rapportées chez des patients sévèrement immunodéprimés, dont (Didler 2000, Fournier 2000, Mathis 2005, Kodjikian 2005):

  • Infectés par le VIH
  • Ayant reçu une transplantation d’organe
  • Atteints de lymphocytopénie T CD4+ idiopathique
  • Jeunes enfants et personnes âgées
  • Porteurs de lentilles de contact

Manifestations chez l’homme

Les rapports concernant une infection par E. cuniculi décrivent une grande variété d’organes atteints, dont (Didler 2000, Fournier 2000, Khan 2001, Mathis 2005) :

  • Péritonite
  • Hépatite, nécrose hépatique granulomateuse
  • Insuffisance rénale
  • Pneumonie, sinusite, rhinite
  • Myalgie
  • Otite moyenne
  • Troubles de la vision, kérato-conjonctivite
  • Crises d’épilepsie

La dissémination d’E. cuniculi infection dans le cerveau d’un patient atteint du SIDA a été décrite (Weber 1997).

Prévention et contrôle

Eviter tout contact avec l’urine de lapins infectés ou sains. Adopter de bonnes mesures d’hygiène, spécialement lorsque des animaux sont manipulés.

Références