Coaptation Externe chez les Oiseaux: Bandages et Attelles

Points clés

  • Les lésions orthopédiques représentent rarement un problème mortel. Commencez par stabiliser le patient en lui fournissant de l’analgésie et des soins de soutien.
  • Les bandages et les attelles sont généralement indiqués pour une stabilisation à court terme seulement. Une réparation chirurgicale offre souvent le meilleur pronostic à long terme.
  • Le bandage en 8 est la technique principale pour le soutien de l’aile. Un bandage de corps lui est ajouté en cas de fracture de l’humérus ou de la ceinture pectorale.
  • Les attelles latérales sont une excellente option pour la stabilisation du tibiotarse ou du tarsométatarse. Les attelles construites avec de la bande adhésive ou « tape splint » permettent parfois d’obtenir les meilleurs résultats chez les petits patients.
  • Loger les oiseaux avec des bandages ou des attelles dans un enclos à bord lisse et sans perchoir, ou avec des perchoirs à faible hauteur.

Introduction

Les lésions orthopédiques sont relativement fréquentes chez les oiseaux. Bien que les os des oiseaux soient solides lorsqu’ils ont intacts, ils ont tendance à se briser en éclats lors d’impact car les cortex sont fins et cassants (Ponder 2016, Redig 2008, Orosz 2002). L’absence d’une couverture abondante de tissu mou conduit souvent au développement de fractures ouvertes (Fig 1).

Pygargue à tête blanche juvénile souffrant d’une fracture impliquant l’aile droite

Figure 1. Pygargue à tête blanche juvénile (Haliaeetus leucocephalus) souffrant d’une fracture impliquant l’aile droite. Crédit photographique: Service pour la Faune Sauvage et les Poissons des US via Flickr Creative Commons

La gestion des fractures a pour objectif d’obtenir une stabilité rapide et rigide des fragments osseux tout en maintenant un alignement normal, de favoriser une bonne répartition des charges et de limiter l’utilisation du membre pendant le processus de cicatrisation (Redig 2008, Martin & Ritchie 1994). Le maintien des tissus mous est de la plus haute importance pour le maintien de l’intégrité osseuse (Ponder 2016, Redig 2008, Orosz 2002). Assurez vous d’immobiliser les articulations proximales et distales au site de fracture pour garantir la cicatrisation. L’évaluation radiographique des lésions orthopédiques devrait inclure deux vues orthogonales.

Les blessures orthopédiques sont rarement des urgences vitales. Aussi, le patient devrait toujours être stabilisé en premier lieu. Au besoin, on pourra lui fournir de l’analgésie (Table 1)et des soins de support tels que des fluides et une alimentation à la sonde. Des antibiotiques sont également indiqués dans le traitement des fractures ouvertes. Les choix empiriques classiques incluent l’enrofloxacine, la ciprofloxacine, les triméthoprime-sulfamides, et la clindamycine. La clindamycine peut être indiquée dans les cas d’ostéomyélite. (Ponder 2016, Redig 2008, Orosz 2002).

​ »Pour prévenir et combattre la propagation de la résistance aux antibiotiques, les professionnels de la santé ne devraient prescrire et délivrer des antibiotiques que quand ils sont nécessaires. L’utilisation d’antibiotiques d’importance critique pour la médecine humaine (tels que les fluoroquinolones) devrait être évitée autant que possible et leur prescription doit se faire en accord avec les règles en vigueur »—Graham Zoller, 2017 

Repos en cage

Un simple repos en cage est adapté seulement pour le traitement des oiseaux très petits, tels que les serins et les canaris et/ou les blessures qui ne permettent pas la réalisation de bandage ou de chirurgie tels que les fractures pelviennes. Le repos en cage ne se limite pas à simplement confiner l’oiseau dans une cage (Ponder 2016):

  • Placez l’oiseau dans un enclos à bords lisses tels qu’un aquarium, un carton ou une cage pour animal de compagnie en acrylique pour empêcher l’escalade.
  • Retirer les perchoirs ou les laisser à faible hauteur.
  • Proposez des particules alimentaire de la taille d’un bouchée pour les patients souffrant de fracture des pattes, particulièrement au début du processus de cicatrisation.
  • Si l’oiseau est agité, diminuer la luminosité pour réduire l’activité, bien qu’une lumière adéquate doive être fournie au moins deux fois par jour pour l’alimentation.

Les autres instructions pour les soins à la maison sont standards. Le propriétaire devra surveiller les orteils afin de déceler tout changement de couleur ou de taille. Le bandage devrait être conservé propre et sec.

Principes généraux

Les attelles ou les bandages sont généralement appliqués seulement pour l’immobilisation à court terme des lésions orthopédiques car ils améliorent le confort du patient mais stabilisent minimalement la fracture (Martin & Ritchie 1994). Bien que des patients très petits ou des patients avec des fractures pathologiques puissent cicatriser correctement avec une coaptation externe, les techniques de fixation interne ou externe sont associées à un meilleur pronostic à long terme en ce qui concerne l’alignement des os et la récupération fonctionnelle, particulièrement chez les oiseaux les plus grands (Orosz 2002). La coaptation externe est acceptable comme technique de stabilisation primaire seulement lorsqu’il est possible de se satisfaire d’une étendue de mouvement post-fracture limitée, que le patient est trop petit pour une réparation chirurgicale, que la fracture est minimalement déplacée ou que l’anesthésie et la chirurgie mettent la vie du patient en danger (Martin & Ritchie 1994).

  • Appliquez les attelles ou les bandages sous anesthésie générale.
  • Placez les membres en position fonctionnelle de sorte que les articulations soient positionnées avec un angle naturel. Utilisez le membre normal comme guide.
  • Retirez les plumes avant d’appliquer le bandage ou l’attelle sur le membre pelvien.
  • Incorporez des étriers en bande adhésive pour réduire le risque de glissement.
  • Coupez le matériel de bandage avec une largeur appropriée pour limiter la formation d’amas. Un bandage bosselé est inconfortable et les amas peuvent de plus favoriser l’apparition de bandes de constriction.
  • Les attelles et les bandages chez les grands oiseaux devraient être composés d’au moins trois couches : la couche de matelassage, les gazes et la couche de protection. Les bandages chez les patients plus petits devront être plus légers et ne sont généralement composés que d’une ou deux couches.

  • Les perroquets de compagnie, et particulièrement les espèces de taille moyenne à grande, nécessitent également une couche à mâchonner (par exemple de la bande adhésive poreuse), qui ralentit la vitesse avec le bandage sera détruit.
  • Des languettes de distraction peuvent également aider à protéger le bandage (Fig 2).
  • Bien qu’un perroquet puisse mâchonner son bandage de façon normale, une manipulation excessive du bandage peut indiquer que le bandage est inconfortable ou que la douleur n’a pas été contrôlée de façon adéquate.
  • En de rares occasions ou chez les espèces très grandes, il peut être nécessaire d’appliquer un spray à la pomme amer et/ou un collier élisabéthain pour protéger le bandage.
Des languettes de distraction à mâchonner fabriquées en bande adhésive poreuse (flèche) peuvent être appliquées pour minimiser les mâchonnements de la couche protective du bandage chez les psittaciformes

Figure 2.Des languettes de distraction à mâchonner fabriquées en bande adhésive poreuse (flèche) peuvent être appliquées pour minimiser les mâchonnements de la couche protective du bandage chez les psittaciformes.Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Lésions des membres thoraciques

Les lésions du membre thoracique (Fig 3) peuvent se présenter sous la forme d’un port d’aile bas ou d’une incapacité à voler. (Ponder 2016).

Le squelette de la ceinture pectoral: 6. Sternum, 3. Clavicule, 4. Coracoïde, 19. Scapula, 21. Humérus, 23. Radius, 22. Ulna, 27. Doigt alulaire (alula), 24. Os métacarpiens, 25 – 26. Doigts majeur et mineur (main)

Figure 3. Le squelette de la ceinture pectoral: 6. Sternum, 3. Clavicule, 4. Coracoïde, 19. Scapula, 21. Humérus, 23. Radius, 22. Ulna, 27. Doigt alulaire (alula), 24. Os métacarpiens, 25 – 26. Doigts majeur et mineur (main). Crédit photographique: Svtiste via Wikimedia Common. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Le bandage en 8 ou bandage d’aile est la méthode de base pour la coaptation externe de l’aile.

Gardez à l’esprit que l’application de ce bandage peut conduire à une compression, une contraction et un dysfonctionnement de la membrane alaire ou patagium s’il est trop serré ou s’il n’est pas retiré tous les 2-3 jours pour réaliser des exercices de physiothérapie sur le patagium (Ponder 2016, Redig 2008).

  • Les fractures de la ceinture pectorale ou les luxations de l’épaule évoluent souvent mieux avec un repos en cage strict et les fractures de la ceinture pectorale évoluent mieux sans bandages (Scheelings 2014).
  • Les muscles puissant du vol provoquent une distraction importante dans la plupart des cas de fractures humérales. La réparation chirurgicale est nécessaire dans la plupart des cas, bien qu’une fracture humérale proximale puisse évoluer de façon satisfaisante avec un simple bandage d’aile. Un bandage en 8 et une bande de corps peuvent être placées, à court terme, pour le soutien des fractures humérales et de certaines fractures pectorales. Le bandage de corps sert à immobiliser l’aile contre la paroi corporelle. (Fig 4) (Orosz 2002).
    Diagramme d'enveloppe d'aile Redig

    Figure 4. Positionnement d’un bandage en huit ou bandage d’aile. Publié avec la permission de Dr Patrick Redig, à partir de Medical Management of Birds of Prey (Gestion médicale des oiseaux de proie), 3ème édition. Cliquez sur l’image pour l’agrandir. .

    A.Regrouper les plumes de vol primaires, secondaires et tertiaires ensemble pour les inclure dans le bandage.
    B.L’extrémité libre d’un rouleau de matériel de bandage est positionnée sous le bord d’attaque des primaires et maintenu en place. La bande est ensuite amenée, en passant par l’espace axillaire vers la partie dorsale de l’aile et bandée. Orientez la bande de l’intérieur vers l’extérieur et en passant par le dessus de l’aile. Ceci va enrouler l’aile vers l’intérieur et empêcher une torsion de l’aile vers l’extérieur.
    C. Pour le second tour, la bande est passée par l’avant de l’aile au lieu de revenir par l’espace axillaire. Pour le troisième tour, passez la bande par la face interne de l’aile et remontez par la région axillaire.
    D. Le bandage continue ensuite en alternant les passages vers l’avant et vers l’arrière jusqu’à obtenir une masse suffisante. Une attention particulière est portée à maintenir les plumes primaires dans une position partiellement étendue, de sorte à ne pas fléchir excessivement l’articulation du poignet et à ne pas serrer les plumes primaires dans une position anormale (le bord d’attaque des plumes primaires devrait s’étendre parallèlement aux plumes secondaires)(Redig 2008).
    E-F.Recouvrir la gaze avec du matériel de bandage élastique. (e.g., Vetrap, 3M).
    * Pour immobiliser l’articulation de l’épaule, passer une bande de corps une fois ou deux autour du corps. Commencez par positionner la bande adhésive au milieu de la carène et continuez à la dérouler vers le côté de l’aile saine. Après être passé caudalement à l’aile saine, la bande est positionnée au dessus de l’aile fracturée au milieu entre l’épaule et le coude, et centrée au niveau de la mi-carène. Assurez-vous qu’un ou deux doigts peuvent facilement passer sous la bande, car la compression exercée sur la carène peut rendre la respiration difficile pour les oiseaux. (Redig 2008).
  • Les

  • fractures antébrachiale requièrent généralement une prie en charge chirurgicale pour minimiser le risque de synostose ou de formation d’un pontant le radius et l’ulna. La synostose limite la flexibilité de l’aile et empêche le retour à une fonction normale. Les exceptions à cette règle incluent (Orosz 2002):
      Les fractures ulnaires ou radiales

    1. non-déplacées chez les petits patients: l’os intact sert d’attelle interne et la fracture peut cicatriser avec un bandage d’aile.
    2. Les

    3. fractures du carpe et du métacarpe: La gestion de ces lésions représente un défi et il est extrêmement difficile de les réparer chirurgicalement (Redig 2008). Les possibilités pour la réparation des fractures du métacarpe incluent le bandage en huit, l’attelle en sandwich du bord courbe (curved edge sandwich splint) et la fixation squelettique externe. Le bandage d’aile et l’attelle en sandwich sont généralement utilisés sur des fractures métacarpiennes minimalement déplacées. Du plastique thermopliable ou une attelle en aluminium matellassée est incurvée en forme de « L » ou de « U » sur la longueur du métacarpe, se prolongeant sur la longueur du carpe jusqu’à la phalange distale, et se repliant par-dessus le bord d’attaque de l’os. Si une forme en L est utilisée, le côté long se situe à la face ventrale du métacarpe et l’angle à 90° va à l’abord cranioventral, laissant l’extrémité courte pointant en direction dorsale. Si l’attelle est en forme de « U », enchâssez l’aile dans l’attelle de telle sorte qu’elle fournisse un soutien ventralement, dorsalement, et cranialement. Quelle qu’en soit la forme, l’attelle est bandée en place. Surveillez le gonflement des tissus mous et ajustez le bandage au besoin (Ponder 2016, Redig 2008, Orosz 2002).

Il est d’importance critique pour le maintien de la flexibilité articulaire et propatagiale de retirer régulièrement le bandage d’aile et de réaliser des exercices de mouvements passifs. La physiothérapie devrait initialement être réalisée sous anesthésie générale. Une bonne règle générale est de réaliser des exercices de mouvements passifs pendant des sessions de 5 minutes, deux fois par semaine pendant les premières 1-2 semaines. Des exercices d’extension et de maintien sont alternés avec des mouvements d’amplitude normale dans la limite autorisée par le membre. Une attention particulière doit être portée à ne pas étendre excessivement le membre au cours de ces exercices (Fig 5) (Redig 2008, Orosz 2002).

Exercices de mouvements passifs chez une buse à queue rousse

Figure 5. Exercices de mouvements passifs chez une buse à queue rousse (Buteo jamaicensis). Ne jamais étendre excessivement le membre au cours de ces exercices. Crédit photographique : Dr Christal Pollock

Lésions des membres pelviens

Les lésions du membre pelvien (Fig 6) peuvent se présenter sous la forme d’une boiterie, d’appuis inégaux, d’une douleur ou d’un gonflement localisé et/ou d’une préhension inégale (Ponder 2016).

Membre pelvien aviaire

Figure 6. Membre pelvien aviaire. Image par Dr Christal Pollock.

Un repos strict en cage peut être suffisant chez un petit oiseau avec une fracture pelvienne ou une luxation coxofémorale, après une réduction fermé. Les fractures fémorales sont souvent associée à un chevauchement en utilisant des techniques de coaptation externe. En conséquence, la chirurgie est indiquée pour un retour à la fonction normale, bien que le repos en cage puisse être acceptable chez les petits oiseaux. Des attelles Spica modifiées ou des attelles en bande adhésive (tape splints) modifiés, qui s’étendent jusqu’à la croupe ont également été décrits.

Les fractures tibiotarsiennes sont très fréquentes chez les patients aviaires. Les options pour le soutien comprennent:

    • Une attelle latérale matelassée avec du matériel mou renforcé par un bâtonnet en aluminium, un corps de seringue, un abaisse langue ou un plastique léger modelable. Le plastique modelable est rigide à température ambiante mais malléable dans de l’eau chaude. Les produits disponibles incluent le Veterinary Thermoplastic (IMEX Veterinary, Inc.), l’Orthoplast (Johnson & Johnson), et le Vetlite, anciennement connu sous le nom de Hexcelite (Jorgenson).
    • L’attelle modifiée de Schroeder-Thomas (Fig 7) est créée en utilisant un câble de taille adaptée (par exemple de 14 à 18 gauges), replié, façonné et matelassé pour correspondre au membre. Les attelles de Thomas sont généralement réalisées pour les oiseaux de taille moyenne à grande.
      ST Splint Redig

      Figure 7. Les attelles de Thomas-Schroeder modifiées sont habituellement fabriquées pour les oiseaux de taille moyenne à grande, excédant 300 grammes. Publié avec la permission de Dr Patrick Redig, à partir de Medical Management of Birds of Prey (Gestion Médicale des Oiseaux de Proie), 3ème édition. Cliquez sur l’image pour l’agrandir..

      D-E.Un câble de taille appropriée est tordu, façonné et matelassé pour correspondre au membre. Notez la pliure vers l’extérieur dans l’entretoise, juste en dessous de la portion circulaire de l’attelle. Celle-ci est nécessaire pour aligner correctement l’attelle avec la patte de l’oiseau. Une attelle correcte devrait posséder des pliures juste en dessous de la portion circulaire et au niveau de l’articulation intertarsienne (ou jarret).
      F.Appliquez un bandage léger et attacher le bandage à l’attelle en utilisant une bande adhésive poreuse.
      G.*Recouvrez l’ensemble du montage avec une couche protectrice telle que du Vetrap (3M).
    • Une attelle en bande adhésive (tape splint) ou attelle d’Altman est créée en appliquant des morceaux de ruban de masquage ou de bande adhésive poreuse de chaque côté de la patte chez les petits oiseaux pesant moins de 150 grammes (Fig 8 – Fig 10). Certains cliniciens appliquent de la colle chirurgicale (Vetbond®, 3M) pour rendre la bande plus rigide. Les attelles en bande adhésives doivent être retirées sous anesthésie générale. (Ponder 2016, Redig 2008).
      
Attelle de bande Cyndi Brown

      Figure 8. Créez une attelle en bande adhésive en appliquant des morceaux de bande adhésive de couverture ou de bande adhésive poreuse des deux côtés de la patte, chez les oiseaux pesant moins de 150 grammes. Positionnez le membre avec les articulations fléchies dans une position perchée normale. Crédit photographique : Dr Cyndi Brown. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

      Ruban adhésif Cyndi Brown

      Figure 9. Utilisez des pinces hémostatiques pour appliquer la bande adhésive aussi proche de la patte que possible. Enfin, taillez la bande adhésive de sorte à réduire le poids de l’attelle. Crédit photographique : Dr Cyndi Brown. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

      Attelle de bande

      Figure 10. Attelle en bande adhésive (tape splint). Photographie fournie par Dr Isabelle Langlois.

Les options pour le support du tarsométatarse incluent l’attelle latérale, l’attelle de Schroeder-Thomas et une attelle en bande adhésive incluant des étriers sur la cheville (Harcourt-Brown 2002). Chez les oiseaux pesant moins de 150 grammes avec des fractures fermées et non compliquées par ailleurs, une attelle en bande adhésive, incluant l’articulation intertarsienne en flexion, permet au métatarse d’être soutenu par le tibiotarse (Redig 2008).

Le repos en cage peut représenter la meilleure option pour les fracture d’orteil. Une attelle en chausson de neige (snowshoe splint) ou un bandage en boule (ball bandage) représentent d’autres options (Fig 11) mais certains auteurs rapportent la formation d’adhérences et un mauvais retour à un fonctionnement normal avec la réalisation d’attelle. En conséquence, surveillez avec attention tout signe de perte de viabilité ou de nécrose des orteils (Harcourt-Brown 2002).

Bandage à billes
Ariana Finkelstein

Figure 11. Un bandage en boule (ball bandage) est une option permettant la gestion d’une fracture fermée des orteils. Crédit photographique : Dr Ariana Finkelstein. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Pododermatite

La pododermatite ou “podagre” est une infection de la surface plantaire du pied (Fig 12). La pododermatite peut se développer chez n’importe quel oiseau atteint d’une blessure à une patte sur le « bon » pied, c’est-à-dire le pied portant le poids du corps. Toutefois, elle est particulièrement probable chez les oiseaux ayant un corps lourd comme les rapaces et les oiseaux d’eau. Surveillez avec attention toute rougeur et usure des papilles sous les pieds chez les patients atteints de blessure aux pattes. Les facteurs augmentant le risque de pododermatite incluent l’obésité, la malnutrition et un perchoir fabriqué dans une matière inadaptée.

Pododermatite

Figure 12. La pododermatite ou “podagre” peut se développer sur le “bon” pied, c’est à dire le pied portant le poids du corps, chez n’importe quel oiseau atteint d’une blessure à une patte. Ces lésions sont particulièrement fréquentes chez les oiseaux ayant un corps lourd tels que les rapaces et les oiseaux d’eau. Crédit photographique : Dr. Ed Ramsay

Les mesures permettant de réduire le risque de pododermatite chez le patient aviaire incluent :

  • Une réduction graduelle du poids corporel.
  • Une correction des carences alimentaires et une supplémentation en vitamine A au besoin.
  • L’enrobement des perchoirs avec des bandages autoadhésifs (par exemple du Vetrap, 3M) ou du turf artificiel. Evitez les perchoirs de taille homogène et offrez des branches d’arbre naturelles dont les variations en diamètre permettent de varier les points de pression sur les pieds.
Table 1. Agents analgésiques communément utilisés chez le patient aviaire (Hawkins 2013)
MoléculeDoseVoie d’administrationFréquenceCommentaires
Bupivicaïne(Marcaine, AstraZeneca)2 mg/kgSC, topiqueBasé sur des recherches chez les canards
Buprénorphine HCl(Buprenex, Reckitt & Colman)0.05-1.0 mg/kgIMq8-12h
Butorphanol tartrate(Torbugesic, Fort Dodge)0.5-0.6 mg/kgSC, IMq8-12h
Carprofène(Rimadyl, Pfizer)2-10 mg/kgPO, SC, IMq8-12h
1-2 mg/kgIM, IVq12-24h
Kétoprofène(Ketofen, Fort Dodge)1-10 mg/kgPO, IMq12h
Lidocaïne(Xylocaine, Abraxis)1-3 mg/kgTopiqueDiluée 1:10
Méloxicam(Metacam, Boehringer Ingelheim)1 mg/kgPO, IMq24hRapaces
1 mg/kgPO, IMq12hPsittaciformes

PO: per os IM: intramusculaire SC: sous-cutané q: chaque

Références