L’Alimentation à la Sonde chez les Oiseaux

Points clés

  • Le volume du jabot est estimé à 50 ml/kg. Commencez à nourrir le patient aviaire en état critique avec un-tiers à la moitié du volume estimé du jabot.
  • Toujours utiliser une formule alimentaire tiède (100-105°F ou 38 à 41°C).
  • L’alimentation à la sonde doit toujours être le dernier traitement à être réalisé.
  • La plupart des oiseaux nourris à la sonde reçoivent entre deux et quatre repas par jour.

Introduction

L’alimentation à la sonde, également connu sous le nom de gavage, est une partie essentielle des soins de soutien en médecine aviaire. Les oiseaux malades sont souvent présentés avec un historique d’anorexie, et les réserves en glycogènes peuvent être épuisées en quelques heures chez les granivores (incluant les psittaciformes, les passereaux et les galliformes) en relation avec leur taux métabolique relativement élevé. Une perte documentée de 5 à 10% du poids corporel représente une autre indication importante pour une alimentation à la sonde.

Vidéo

Vidéo créée par Dr M. Scott Echols et narrée par Dr Susan Orosz.

Matériel nécessaire

Sonde d’alimentation

  • Des sondes de gavage ou des aiguilles d’alimentation incurvées en acier inoxydable possédant une bille à l’extrémité sont les plus simples à utiliser chez les psittaciformes. (Ejay International, Glendora, CA) (Table 1).
Table 1. Taille suggérée pour les sondes de gavage ou les aiguilles d’alimentation chez différents oiseaux sélectionnés
Espèces Taille de l’aiguille d’alimentation (gauge)
Serins 16-18
Canaris 16-18
Perruches ondulées 14-16
Inséparables 12-14
Perruches calopsittes, petites conures 12-14
Grandes conures 10-12
Amazones, Petits cacatoès 8-10
Grands cacatoès, Aras 8-10
  • Des tubes en caoutchouc flexibles tels que les cathéters en caoutchouc ou les sondes de silicone (Sovereign Feeding Tube, Sherwood Medical, St. Louis, MO) peuvent également être utilisés chez les perroquets lorsqu’un speculum oral est positionné (Jorgensen Laboratories, Loveland, CO) (Fig 1).
Utilisez un spéculum oral pour introduire une sonde flexible chez les psittaciformes

Figure 1.Utilisez un spéculum oral pour introduire une sonde flexible chez les psittaciformes.

Contre-indications et complications potentielles

La contre-indication la plus importante lors d’alimentation à la sonde est le manque d’expérience dans la mesure où une alimentation à la sonde mal réalisée peut engendrer:

  • Une fausse déglutition et potentiellement la mort
  • Une lacération de l’oropharynx si la sonde est introduite avec force. Si la procédure est poursuivie, la nourriture peut être injectée au travers de la lacération dans les tissus environnants et provoquer une cellulite mettant la vie de l’oiseau en danger.

Il est recommandé de s’entraîner à la contention des oiseaux et à l’introduction de sonde alimentaire de sorte que la technique puisse être réalisée de façon efficace, sécuritaire et douce chez les patients cliniques. L’alimentation à la sonde est également contre-indiquée chez les oiseaux présentant des régurgitations, de la déshydratation, ou ceux qui ne sont pas alerte, réactif, ou capable de maintenir leur tête surélevée.

Calculer le volume à administrer

Le jabot peut contenir jusqu’à 5% du poids corporel, soit 50 ml/kg, chez l’oiseau adulte, bien que le jabot chez des patients néonataux puissent en contenir proportionnellement davantage. Il est prudent de commencer avec un volume de nourriture correspondant au tiers voire à la moitié du volume estimé du jabot, plus particulièrement chez les patients sévèrement débilité. Augmentez ensuite le volume administré sur deux à trois repas dans la mesure où aucune régurgitation n’est observée.

Par exemple, le jabot d’un oiseau malade pesant 100 grammes devrait approximativement contenir 5 ml de fluides. Pour le premier gavage, administrez 2 à 3 ml de nourriture à la sonde. Dans la mesure où ce volume est toléré, augmentez le repas à la sonde suivant à 3 ou 4 ml. Au troisième repas, ce volume peut être augmenté à 5 ml.

Instruction pas-à-pas pour l’alimentation à la seringue

  1. L’oiseau doit être normotherme et hydraté avant d’être alimenté à la seringue.
  2. Il est crucial que la formule d’alimentation à la main soit tiède (100-105°F ou 38-41°C) car une préparation trop froide peut favoriser les régurgitations.
  3. L’alimentation devrait toujours être le dernier traitement réalisé pour minimiser le risque de régurgitation secondaire au stress de la contention.
  4. Contenez le patient à proximité de sa cage d’hospitalisation de sorte qu’il puisse y être replacé rapidement. Maintenez toujours le patient en position verticale pour l’alimentation à la sonde.
  5. Les personnes ayant peu d’expérience devraient réaliser l’alimentation à la sonde à deux. Une personne devrait contenir le patient et surveiller son état général alors qu’une seconde personne insère le tube. Avec de la pratique, il est possible de réaliser le gavage seul avec une sonde d’alimentation métallique possédant une bille à l’extrémité. Etirez le cou doucement mais avec fermeté afin de redresser le cou de l’oiseau qui est normalement en forme de S et redresser ainsi l’œsophage (Fig 2).
Etirez le cou avec douceur de sorte à redresser l’œsophage

Figure 2.Etirez le cou avec douceur de sorte à redresser l’œsophage.

  • Palpez la région de l’entrée thoracique avant d’introduire la sonde de sorte à vérifier que le jabot est vide de fluide ou de nourriture. Un ralentissement de la vidange du jabot est une situation fréquente chez le patient aviaire malade.
  • Introduisez la sonde par la gauche de l’oiseau. Dirigez le tube vers sa droite et descendez jusque dans le jabot au niveau de l’entrée thoracique (Fig 3). Il est possible de voire les plumes à droite du cou se mouvoir à mesure que la sonde descend dans le jabot. Si une sonde de gavage métallique est utilisée, éviter la commissure charnue de la bouche ou rictus, qui peut facilement être meurtrie. Introduisez la sonde fermement mais avec délicatesse, doucement et précautionneusement. Ne jamais forcer.
Introduisez la sonde en entrant par la gauche de l’oiseau, puis diriger la sonde vers la droite en descendant dans le jabot

Figure 3. Introduisez la sonde en entrant par la gauche de l’oiseau, puis diriger la sonde vers la droite en descendant dans le jabot.

  • La langue musculaire et volumineuse des psittaciformes empêche de visualiser clairement le fond de la gorge ; en conséquence une palpation délicate du cou doit être réalisée pour confirmer que le tube est correctement positionné. (Les sondes présentant une bille à l’extrémité sont également entraperçues au travers de la peau du cou des petits oiseaux).
  • Injecter la nourriture dans le jabot avec un débit constant et contrôlé tout en surveillant avec attention tout reflux de préparation dans le fond de la gorge (Si la nourriture reflue dans le fond de la gorge, aspirez à l’aide de la seringue pour réduire le volume de nourriture administrée. Ensuite, retirez la sonde et replacez l’oiseau dans son enclos. L’oiseau peut alors secouer la tête et renvoyer toute nourriture excédentaire.
  • Replacez l’oiseau dans sa cage.
  • Rincez et nettoyez les seringues et les sondes immédiatement après les avoir utilisé.

Fréquence

L’alimentation à la seringue est souvent réalisée deux à quatre fois par jour en fonction du produit utilisé, de l’état clinique et des besoins caloriques du patient. Les petits oiseaux consomment un pourcentage de leur poids corporel par jour plus important que les oiseaux les plus grands. Par exemple, un oiseau de 100 grammes peut consommer jusqu’à 25% de son poids corporel par jour alors qu’un oiseau de 1000 grammes consomme approximativement 10% de son poids corporel par jour. En conséquence, des repas plus fréquents sont généralement indiqués chez les petits oiseaux et les oiseaux juvéniles.

Table 1. Suggestion de fréquence des repas en fonction des espèces.
Espèces Fréquence des Repas
Serins 4 heures
Perruches ondulées, inséparables, perruches calopsittes, petites conures 6 heures
Amazones 8 heures
Grands cacatoès, Aras 8 à 12 heures

Surveillance

Surveillez attentivement la production de selles, et continuez à proposer au patient nourri à la sonde de l’eau et de la nourriture fraîche. Identifiez la nourriture habituellement consommée par le patient à la maison et offrez les mêmes choses à l’hôpital.
Pesez le patient sur une balance précise au gramme au moins une à deux fois par jour pour s’assurer qu’il maintien au moins son poids, ou idéalement qu’il prend du poids. Pesez le patient à la même ou aux mêmes heures quotidiennement car le poids peut fluctuer de façon normale au cours de la journée.

Calcul des besoins caloriques

Pour le soutien nutritionnel par voie entérale à court-terme, l’alimentation à la sonde est plus souvent déterminée par le volume qui peut être administré de façon sécuritaire. Lorsque les patients doivent être alimentés à la sonde pour une période de temps prolongée, il est prudent de calculer les besoins énergétique de maintenance ou de repos (BER). Consultez la section sur le calcul des besoins énergétiques pour des informations supplémentaires.

Produits de la gamme Emeraid

Produits Emeraid Omnivore* Emeraid Herbivore* Emeraid Carnivore Emeraid Piscivore
Indications Régime semi-élémentaire (facilement absorbé, facilement digéré) pour les granivores sévèrement malades Régime semi-élémentaire (facilement absorbé, facilement digéré) pour les herbivores sévèrement malades Régime semi-élémentaire (facilement absorbé, facilement digéré) pour les carnivores sévèrement malades Régime semi-élémentaire (facilement absorbé, facilement digéré) pour les consommateurs de poissons sévèrement malades
Protéines Fournies sous la forme d’acides aminés équilibrés Faible Elevées; fournies sous la forme d’acide aminés équilibrés Elvées
Carbohydrates Normaux Modérés Normaux Normaux
Matières grasses Elevées Modérées Elevées Variables
Fibres Faibles Elevées Faibles Faibles
Analyses garanties 20.0% de protéines 19.00% de protéines 37.80% de protéines 44.50% de protéines
9.5% de matières grasses 9.50% de matières grasses 34.00% de matières grasses 4.40% + ajout d’huile de poisson
0.5% de fibres 32.00% de fibres 4.50% de fibres 4.46% de fibres
*L’Emeraid Omnivore et L’Emeraid Herbivore ne devrait pas être utilisés comme source d’alimentation unique pendant plus de 7 jours.

Références